Christian Nique, docteur en linguistique française, ancien conseiller du président Mitterrand, vient d’être nommé recteur de l’académie de Nice. Sans langue de bois, il évoque “le paradoxe” azuréen : des élèves qui ont un début de scolarité prometteur, mais des taux d’échec supérieurs à la moyenne nationale.
Quels sont vos objectifs dans cette académie ?
Mon problème en tant que recteur, ce sont les résultats. Pas la manière d’y arriver. Il nous faut élever le niveau de formation et de qualification. Aujourd’hui, nous avons un taux de sorties sans qualification – ce que l’on appelle dans notre jargon “le décrochage scolaire” – très supérieur à la moyenne nationale : 8,5% des élèves (4,5% sur l’ensembledu territoire). Notre taux d’accès au “niveau bac” est de 68%, soit 2% en dessous de la moyenne nationale. Même chose pour le nombre de bacheliers qui font des études universitaires.
Est-ce un problème de pédagogie ou d’orientation ?
J’ai le sentiment pour l’instant que c’est plutôt un problème d’orientation. L’envie de faire des études supérieures est moins forte chez les élèves, et peut-être les professeurs ne les incitent-ils pas…
Quelle sera votre politique ?
Nous allons utiliser une méthode particulière. Il faut libérer l’initiative en aidant les professeurs à imaginer des solutions adaptées aux différentes populations scolaires. Il faut aussi développer une culture de l’évaluation. L’Education nationale n’a pas l’habitude de rendre des comptes.
C’est un discours de chef d’entreprise assez inhabituel pour un recteur…
Il n’y a pas de raison qu’un service public ne s’évalue pas et ne dise pas à la population ce qu’il fait. L’hôpital le fait. Ce n’est pas une question d’argent ou de rentabilité : je reste sur le qualitatif et la pédagogie.






































