Pour la troisième fois en l’espace de six mois, l’organisation séparatiste Basque ETA a connu ce week-end un nouveau coup dur, après l’arrestation d’une de ses têtes pensantes présumés, Jurdan Martitegi. Considéré comme le chef militaire de l’organisation, cet homme de 28 ans à été appréhendé samedi dans un petit village du sud-ouest de la France en compagnie de deux autres suspects. Quelques heures auparavant, six autres personnes, soupçonnées elles aussi d’appartenir à l’ETA avaient été interpellées au Pays Basque Espagnol.
Successeur
Pour les enquêteurs, Jurdan Martitegi était une cible prioritaire. Décrit comme un individu « violent et déterminé », le jeune basque est soupçonné d’avoir pris la succession de Garikoitz Aspiazu, dit « Txeroki », 35 ans, ancien chef militaire de l’organisation interpellée le 17 novembre dernier dans un hôtel de Cauterets (Haute Pyrénées), et mis en examen trois jours plus tard pour « direction d’une association de malfaiteurs à visée terroriste », par le juge Laurence Le Vert. Samedi en début d’après-midi, des hommes de la Sous direction anti-terroriste (SDAT) ont donc investi le village de Montauriol (Pyrénées-Orientales), et arrêté trois hommes, dont le « successeur » de « Txeroki ». Les Policiers ont mis la main sur trois pistolets, deux voitures, un jeu de fausses plaques d’immatriculation, et des ustensiles utilisés pour la fabrication d’explosifs.
Changement de stratégie
Les autorités Espagnoles, qui agissaient de concert avec leurs homologues français ont qualifié « d’excellentes nouvelles » ces arrestations, ajoutant qu’elles avaient permis d’éviter « la mise au point de nouveau attentat ». Ce nouveau coup de filet intervient alors que l’organisation séparatiste avait radicalisé son action (plus d’une trentaine d’attentats) depuis le mois de juin 2007, et l’échec des négociations avec le gouvernement de José Luis Zapatero. Pour autant, les rapports entre l’organisation séparatiste et le gouvernement Espagnol pourraient connaître un nouvel élan. C’est ce que croît savoir le quotidien Ibérique « El Pais », qui dans son édition d’hier, expliquait que José Antonio Urrutikoetxea, alias "Josu Ternera", grande figure de l’ETA et apparemment favorable au dialogue, serait revenu aux tout premiers postes de l’organisation. La question de la lutte armée pourrait à nouveau se poser dans les rangs des séparatistes.









































