Un an après les émeutes de la faim qui ont embrasé plusieurs pays du globe, les ministres de l'agriculture du G8 se réunissent du 18 au 20 avril dans la région de Trévise (Italie), pour un sommet élargi aux membres du G5 (Brésil, Chine, Inde, Afrique du Sud, Mexique), ainsi qu'à l'Egypte, l'Australie et l'Argentine, afin de discuter des mesures susceptibles de prévenir une aggravation de la crise alimentaire.
Bien que les prix des denrées alimentaires subissent une correction par rapport à la flambée de la première moitié de 2008, reste, comme le précise la FAO, l'organisation onusienne pour l'agriculture et l'alimentation, que ces prix "ont baissé moins vite voir pas du tout dans les pays en développement".
Par ailleurs la FAO, qui note que les réserves de céréales sont au plus bas depuis 30 ans, estime qu'un milliard de personnes seront en situation de malnutrition ou sous-nutrition en 2009. Une proportion en augmentation malgré les engagements pris dans le cadre des objectifs du millénaire.
Face à ce constat, et conscients des menaces - remontée des prix, spoliation des terres par les pays riches limités dans leurs capacités d'exploitation agricole, reflexes protectionnistes ou phénomènes climatiques -, qui pèsent sur les populations les plus exposées, les ministres de l'agriculture doivent, entre autres, se pencher sur le développement de la production agricole, les moyens de réguler les marchés et de limiter la spéculation.
Dans ce cadre, le ministre de l'agriculture français Michel Barnier pourra mettre en avant le Fonds d'investissement pour l'agriculture en Afrique (Fiaa) qui vient d'être créé. Ce fonds doit permettre d'aider les petites entreprises agricoles en Afrique qui produisent des céréales, des fruits et légumes, des engrais, qui font de l'élevage, ainsi que les établissements de crédit. Les quatre fondateurs de ce fonds, l'Agence française de développement (AFD), la Banque du continent africain (Bad), le Fonds international pour le développement de l'agriculture (Fida) et la Fondation "Alliance pour une révolution verte en Afrique" de Kofi Annan, "mettent l'équivalent de 80 millions d'euros dans ce fonds qui va ensuite se développer pour arriver très vite à 500 millions d'euros", précisait mercredi le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet.
De leur côté, les associations d'aide au développement profitent de l'occasion pour rappeler aux représentants des gouvernements qui seront présents à Trévise la nécessité de s'engager à investir durablement dans les agricultures des pays du Sud. C'est le cas de d'Oxfam France et de Agir ici et Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) qui regrettent que les petits producteurs des pays les plus en difficulté ne soient pas représentés et prônent "la nécessité d'élaborer une solution sur le long terme", quand la FAO rappelle que seuls 10% des montants promis au développement de l'agriculture des pays en développement, lors du sommet de Rome en juin 2008, ont été dépensés, soit quelques 2,3 milliards de dollars sur les 22 milliards promis. Dépenses qui ont essentiellement concerné des aides alimentaires.
Durant trois jours, les ministres de l'agriculture vont devoir trouver les moyens d'action concrets et efficaces pour suivre les directives d'un rapport préparatoire à ce sommet, divulgué par le Financial Times le 7 avril dernier, qui réclame des "interventions immédiates".

































