Alors que le squat de l’avenue Paul Krüger à Villeurbanne s’apprête à vivre ses dernières heures, le Préfet du Rhône a indiqué vouloir mener une expérimentation dans le Rhône avec des fonds européens pour solutionner la question des Roms.

«On accorde un hébergement à la double condition, que les parents aient un contrat de travail et que les enfants soient scolarisés.» Une proposition qui laisse dubitative les associations. «C’est une excellente idée, mais pourquoi le Préfet a-t-il enterré au bout d’un an le projet Mous (Maîtrise d’œuvre urbaine et social), pilotée par son prédécesseur et qui tentait la réinsertion?» s’interroge André Gachet, chargé de mission à l’Alpil (Action Pour l'insertion sociale par le Logement).

Le préfet Jacques Gérault s’est expliqué sur ce point. «Avoir attribué 160 000 euros de subventions pour aider deux familles réellement intégrées, j’ai l’impression d’avoir été abusé.» André Gachet redoute une nouvelle approche schématique de l’État.

«Il y a plusieurs type de population de Roms, ceux qui veulent vraiment rester ici rencontrent des difficultés dans le travail, car tous les métiers ne leur sont pas accessibles, et l’employeur doit verser une taxe.»

Pour Jacques Dumortier secrétaire de Classes, (collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation et au soutien des enfants des squats depuis 2006), «l’assiduité des enfants viendra d’un logement stable, les mères nous disent qu’elles ont honte d’envoyer leurs enfants à l’école.»