Si Bernard Werber ne manque pas de lecteurs, il ne manque pas de considération pour eux non plus. Pour les faire patienter avant son prochain roman, qui paraîtra le 1er octobre comme chaque année, il vient de sortir une Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu à picorer pour s’instruire, s’amuser, s’étonner, s’interroger... Rencontre avec l’intéressé qui, justement, s’intéresse à tout.
D’où vient ce pavé du “savoir relatif et absolu” ?
Ce livre est deux fois plus important que la première Encyclopédie, parue en 2000. Curieusement, c’est un livre que m’ont demandé mes lecteurs. L’idée ne m’avait pas traversé l’esprit, mais les lecteurs souhaitaient un livre à lire à part de mes romans.
Pour moi, cette encyclopédie est une manière d’intéresser les gens à des choses auxquelles ils ne pensent pas. J’ai commencé à l’âge de treize ans, puisque je n’avais pas de mémoire et il fallait que je note tout. Et ça continue. Tous les jours, j’apprends des choses : j’aime avoir des informations qui ne sont pas divulguées ailleurs. Parce qu’elles sont bizarres ou interdites... Je les ai recueillies dans sept cahiers, et tapées à l’ordinateur.
Quelles sont tes sources ?
Ces chapitres sont d’origine orale. Je n’ai rien recopié sur d’autres livres, mais recueilli la parole de ceux qui ont accès à la connaissance. Quand j’étais journaliste scientifique, je me suis fait un réseau d’amis dans la science, l’histoire, la spiritualité, qui font parfois des découvertes tellement extraordinaires qu’ils ne peuvent pas les mettre dans leurs articles ou dans leurs livres. Si je ne les écrivais pas, elles n’existeraient peut-être plus.
Pourtant, tout est vrai ?
Voilà une notion délicate : la relativité de la vérité ! Toutes les découvertes scientifiques actuelles feront ricaner les générations futures. D’où mon titre : il n’y a rien de certain ni d’absolu. Tiens, la Terre n’est pas ronde, elle est patatoïde !
Et on peut aller au-delà de la vitesse de la lumière. Toutes les règles scientifiques sont relatives. L’Encyclopédie a un contenu fortement probable ! (Rires.) Et elle contient certaines informations exclusives, comme la sexualité des punaises de lit, tellement torrides que leur spécialiste ne pouvait plus en parler en conférence...
Est-ce une récréation par rapport au roman pur ?
Le terme récréation est le bon, aussi bien pour moi que pour les lecteurs. J’ai toujours le souci de captiver les non-lecteurs. Le combat des écrivains, c’est de faire lire les gens. Google a remplacé les encyclopédies ; la mienne est facile à lire, permet de divertir, de s’informer et, j’espère, de créer des dialogues entre les générations.
Qu’as-tu en chantier ?
Un très gros livre, sur lequel je travaille depuis cinq ans : un thriller psychologique dans lequel il n’y a pas de fantastique. Le héros est une jeune fille de 17 ans, ça m’amuse énormément de me mettre dans sa peau et de savoir ce qu’elle ressent. C’est la magie de ce métier...


































