Nicolas Sarkozy a confirmé qu'il recevrait les quatre ex-otages français du Tanit, revenus dimanche en France. Le corps de Florent Lemaçon, le skipper propriétaire de ce voilier de 12,5 mètres sur lequel il naviguait avec sa femme, son fils de 3 ans et deux amis dans le Golfe d’Aden quand des ravisseurs somaliens les ont pris en otage le 4 avril, doit être rapatrié dans la semaine. Une enquête judiciaire et une autopsie doivent déterminer si la balle qui a tué Florent, 28 ans, lors de l’opération de libération effectuée vendredi par un commando de la marine française, provient d’un tir français ou somalien.

Dimanche matin, sur France Info, Christian Prouteau, ex-gendarme considéré comme le "père" du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale), a remis en cause le choix de l’Exécutif qui a préféré envoyer huit fusiliers-marins du commando Hubert, plutôt que l’élite des gendarmes. Il a affirmé que si le GIGN était intervenu, la vie du père de famille aurait pu être épargnée : "En employant les gens les plus préparés à ce métier, on avait le maximum de chances de réussir". "Vaine polémique"», a répliqué Christophe Prazuck, capitaine de vaisseau de l’Etat-major. "Dans des situations aussi délicates, on choisit toujours l’unité d’intervention la plus adaptée et spécialisée. Et c’est le commando Hubert qui est spécialisé dans le contre-terrorisme maritime. C’est son job." Il a rappelé que ce sont ces mêmes militaires d’élite qui avaient libéré avec succès les otages du Ponant et du Carré d’as. "Et ils ont l’habitude de travailler et de s’entrainer avec le GIGN", ajoute Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement. "Ces fusiliers ont sauvé, au péril de leur vie, quatre otages sur cinq, rappelle-t-il. Et si je suis navré du décès du skipper, n’oublions pas qu’il avait outrepassé les recommandations du Quai d’Orsay et de la marine en allant dans cette zone dangereuse." Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a demandé dimanche sur France 2 aux Français "qui auraient l'idée de s'aventurer" dans l'Océan indien au large de la Somalie "d'y renoncer", en raison des risques de piraterie.