Stéphanie Zwicky est comédienne et mannequin grande taille. Fan de mode, elle ne rentre ni dans du 36, ni dans un 44, comme elle le dit sur son blog. La jeune femme de 32 ans raconte son quotidien.
Est-il difficile de trouver des vêtements à votre taille ?
Dans les magasins, je fouille, je n’ai pas peur d’entrer. Pour les filles qui ne s’assument pas en tant que personne ronde, ce n’est pas facile d’aller dans une boutique. Parfois, pendant les soldes, quand il faut jouer des coudes, j’entends : qu’est-ce qu’elle fait là, la grosse ? Mais j’ai mes astuces ; une robe pour les minces je peux la porter en top par exemple. Autrement, comme alternative, je me rends souvent au rayon maternité.
Je préfère aller à Londres faire les magasins. Par exemple, ils ont des gammes de chaussures pour pied large. Ici, pour se trouver des bottes c’est impossible car elles sont trop étroites aux mollets. Mon "utopie modesque" serait de pouvoir entrer dans un magasin en France où les produits seraient dans toutes les tailles. Je pourrais enfin faire les magasins avec mes amies.
Vous avez conscience que votre taille ne rentre pas dans les standards de la mode, comment percevez-vous le regard des autres ?
On me regarde souvent plus pour mes formes que pour la personne que je suis. Je suis arrivée à passer au-dessus des préjugés. Je n’ai rien à prouver aux gens moi. Aujourd’hui je m’assume pleinement, je suis comédienne et mannequin grande taille. J’ai pleurniché sur mon sort pendant dix ans. Et après des années de régime sans succès, j’ai décidé de tout chambouler ! ( elle éclate de rire) L’amaigrissement est souvent vu comme une action du bonheur. Ça n’a pas été le cas pour moi. Je préfère être bien dans ma peau d’abord. Mais ça me fait mal quand je vois des adolescents qui rejettent un de leur copain parce qu’il est gros. J’ai vécu ça moi aussi.
Dans le domaine professionnel, est-ce que ça a été plus difficile pour vous de vous faire votre place ?
J’y vais au culot. Quand il y a des annonces de casting sans limite de poids, je me présente. Souvent les gens sont surpris, mais ils se souviennent de moi à cause de mes rondeurs. Forcément en tant que comédienne, je sais que je n’aurais jamais un rôle "normal". Souvent on me propose le personnage de la grosse fille qui réconforte la gentille mince. Dernièrement j’ai fait une campagne de publicité pour un magasin de vêtements renommé. La vision des gens commence à changer. Il faut qu’ils s’habituent à voir une fille qui n’est pas filiforme.
Vous tenez un blog sur la mode, pensez-vous que vous pouvez aider d’autres filles rondes à s’accepter ?
Je ne me prends pas pour un « chef de file », mais si je peux aider des filles tant mieux. Souvent, je reçois des mails de personne qui me disent que je suis une "fille ronde qui a réussi". Parfois elles osent porter un habit parce que je l’ai fait avant. Mais bon, je ne tiens pas de formule miracle non plus. Je leur montre qu’on n’est pas obligé de s’habiller en noir tous les jours. Je vais parfois chercher mes fringues dans des friperies. Bien s’habiller ne veut pas forcément dire qu’on y met beaucoup d’argent. La veste rouge que je porte aujourd’hui, je l’ai payée dix euros. En ce moment j’adore la mode "navy" venue des années 80. A travers ce blog, j’espère montrer aux filles que le style n’est pas une taille mais une attitude !
Le blog de Stéphanie : http://www.leblogdebigbeauty.com/











































