• Lenoir et Mercier, à Bogny-sur-Meuse
En mars 2008, les ex-salariés de l’entreprise Lenoir et Mernier, basée à Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes, menacent de déverser une cuve d’acide chlorhydrique dans la Meuse. Depuis le 7 février, l’entreprise a été placée en liquidation judiciaire. Claude Choquet, qui était délégué CFDT et qui préside actuellement l’association des anciens salariés de Lenoir et Mernier, ne regrette absolument pas d’avoir mis la pression sur les pouvoirs publics : “Ça nous a permis d’obtenir une amélioration du contrat de transition professionnelle, même si nous n’avons pas obtenu l’indemnité de 50 000 euros que nous réclamions.” Aujour­d’hui, le bilan est plutôt maigre : “Les salariés sont sortis de leur CTP le 12 mars dernier. Et je peux dire aujourd’hui que plus de 80% des salarié n’ont pas retrouvé un emploi durable.” L’asso­cia­tion tente désormais de faire requalifier le licenciement économique en licenciement abusif, mais Claude Choquet regrette de n’avoir pas plus mis la pression l’an dernier.

• Kléber, à Toul
Quelques mois après l’annonce par Michelin de la fermeture d’une usine de sa filiale Kléber à Toul, le conflit s’embrase. Le 14 février 2008, les 850 salariés retiennent en otages le directeur des ressources hu­maines et le directeur du personnel pendant trois jours. Pour Guy Pernin, président du comité de soutien à l’usine Kléber de Toul, cette action “a permis d’obtenir 2 400 euros par année d’ancienneté”. Aujour­d’hui, sur les 826 salariés de Toul, “un peu moins de la moitié des salariés ont trouvé une solution”, explique-t-il. Un bilan en demi-teinte, d’autant qu’il n’y a “qu’un seul ex-Kléber qui a été embauché dans le centre d’appels créé sur le site”. Guy Pernin a d’autres craintes : “Il semblerait qu’il y aurait des restructurations en cours dans quatre ou cinq sites. Et ce qui nous embête, c’est que cela concerne des sites où les ex-Kléber ont été reconvertis.”

• Cellatex, à givet
En juillet 2000, les salariés de Cellatex, à Givet dans les Ardennes, apprennent la mise en liquidation judiciaire de leur entreprise. Les salariés entament alors un bras de fer avec la direction, allant jusqu’à menacer d’utiliser le stock de 46 tonnes de sulfure de carbone. Les 160 salariés obtiennent alors une prime exceptionnelle de 12 000 euros. Mais pour Remo Pesa, président de l’association des anciens salariés de Cellatex, “certes, nous avons obtenu un plan social digne de ce nom, mais il ne faut pas oublier que nous avons perdu notre boulot. J’ai de la chance, je m’en suis sorti. Mais je travaille à 60 km de mon domicile pour un salaire divisé par deux”. La rancœur est encore très forte : “Aujourd’hui, la vie à Givet est triste. Depuis Cellatex, c’est Gascogne qui a fermé une usine de soixante salariés. Même l’Etat nous laisse tomber : le centre d’entraînement commando va fermer, soit 150 emplois induits. Nous avons vraiment le sentiment d’être les oubliés du reste du monde.”