Dans la famille des potentiels futurs scandales, on demande le Bisphénol-A. La polémique ne cesse d’enfler autour de cette substance chimique présente notamment dans les boîtes de conserve, les cannettes, les fontaines à eau en plastique et… les biberons. La toxicité de ce produit qui migre du plastique vers son contenu, liquide ou solide, ne fait aucun doute pour Réseau environnement santé, un nouveau collectif regroupant scientifiques, associations et ONG.
Interdit au Canada
Ces experts disposent d’un appui de poids : en avril 2008, le Canada a classé le BPA dans la catégorie des substances dangereuses. Un produit désormais interdit sur le territoire canadien. L’Etat du Connecticut et celui du Maryland, aux Etats-Unis, s’apprêtent à suivre l’exemple.
Une "inocuité" défendue par Roselyne Bachelot
A son tour mardi dernier, la ministre de la santé française, Roselyne Bachelot, a alimenté la controverse en affirmant que des études fiables avaient conclu à « l’inocuité du Bisphénol-A, notamment dans la fabrication des biberons ». A la source de ces études, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour lesquelles la quantité de BPA utilisée est trop faible pour être toxique. A leurs yeux, l’application du principe de précaution n’est pas justifiée.
Les industriels ont pris les devants
En attendant, les industriels ont déjà pris les devant : aux Etats-Unis, les six plus gros fabricants (Avent, Disney First Years, Gerber, Dr. Brown, Plaxtex et Evenflow) ont annoncé en mars qu’ils cesseraient de vendre des produits avec du BPA. En France, les marques Dodie et Medala proposent des biberons sans BPA depuis plusieurs mois déjà. Quant aux enseignes Philips et Beaba, elles ont annoncé la commercialisation prochaine de nouveaux types de biberons, notamment pour ne pas aggraver « l’angoisse des mamans », si l’on en croit Jean-Paul Vulliermet, président de Béaba.




































