C’est samedi qu’entre en vigueur la gratuité des musées pour les jeunes de 18 à 25 ans. Sont concernés l’ensemble des ressortissants de l'Union européenne et les enseignants français en activité du premier et second degré. La ministre de la Culture Christine Albanel en explique le principe et évoque le boom des loisirs en ce début d’année, ainsi que la loi sur le téléchargement illégal, en cours d’examen à l’Assemblée.
La gratuité totale des musées avait été évoquée au début du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle se fait finalement pour les moins de 26 ans. Comment êtes-vous parvenue à ce compromis ?
Nous avons expérimenté pendant six mois la gratuité totale des collections permanentes dans 14 musées et monuments historiques, aussi bien à Paris qu’en province. Nous avons étudié le résultat de façon quantitative, mais aussi sociologique et nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait pas de réel renouvellement des publics. C’est vrai aussi que la gratuité totale avait un coût élevé qui, dans les rares pays où elle est en place, est compensé par des expositions temporaires extrêmement chères. On s’est donc dit qu’il serait mieux de cibler en direction des jeunes qui ne vont pas spontanément dans les musées et qui auraient envie d’y aller en sachant qu’ils sont gratuits.
Cinéma, expos, livres… En période de crise, les Français consomment beaucoup de culture. Ca vous étonne ?
D’abord ça me réjouit ! Je pense qu’en ces temps de crise, les loisirs culturels correspondent à une recherche de valeurs fondamentales et de sens.
Souvenez-vous les queues à 3 heures du matin pour voir l’exposition Picasso ! Il y a aussi un côté accessible : une sortie au cinéma, ça reste moins cher qu’une sortie au restaurant.
La loi sur le téléchargement illégal est chahutée à l‘Assemblée. Comment le gouvernement va-t-il s’en sortir ?
Il est vrai que certains députés s’opposent à l’idée que lorsqu’on voit son accès Internet coupé, on ne devrait plus avoir à payer son abonnement. Le gouvernement estime au contraire que ça ne représente pas une charge considérable, et que les fournisseurs d’accès Internet n’y sont pour rien. C’est pourquoi je continuerais à défendre le principe de la riposte graduée, l’essentiel étant qu’il y ait le moins possible de suspension à l’accès Internet. Je suis persuadé que le mail et la lettre d’avertissement suffiront à dissuader de nombreux Internautes de télécharger illégalement.
La musique ne reste-t-elle pas trop chère, en CD comme en numérique ?
On peut toujours souhaiter que ce soit moins cher. J’observe que des sites comme Deezer disposent de millions de titres en streaming. Pour le reste, je pense qu’on va voir se développer de nouvelles habitudes de consommation, et qu’on ira acheter un CD quand ce sera quelque chose qu’on a vraiment envie de garder. Un collector avec des photos, des textes un making of… Bref une vraie démarche d’appropriation.
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Mis à jour 02-04-2009 18:41
"Nous voulons renouveler le public des musées"

Photo : DR
| La riposte graduée mise à mal Les députés ont décidé hier à l’unanimité (UMP, NC, PS, Verts, PCF), contre l’avis du gouvernement, que les abonnés Internet dont la ligne serait suspendue pour téléchargement illégal n’auraient pas à payer leur abonnement durant la durée de la sanction. La ministre de la Culture, Christine Albanel, avait insisté sur la “somme limitée” devant être versée au titre de l’abonnement “entre 7 et 10 euros, pour un mois, maximum 30 euros”. Les députés devaient ensuite se prononcer sur la suspension de ligne, après une “riposte graduée”, deux mises en garde par mail puis par lettre. |
La gratuité va s’appliquer à 50 musées nationaux et à la centaine de monuments nationaux que compte la France.
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