L'étreinte du mal
Chelsea Cain
Fleuve Noir
332 p ; 19,90€
A la fin du thriller "Au cœur du mal" (2008), la tueuse en série Gretchen Lowell était derrière les barreaux tandis que l'inspecteur Archie Sheridan, torturé jusqu'aux limites les plus extrêmes par cette beauté littéralement "fatale", était entre la vie et la mort.
Ce premier livre de Chelsea Cain, qui a été vendu dans quinze pays et dont l'adaptation est prévue au cinéma, méritait sans conteste une suite. La voici avec "L'étreinte du mal". Toujours aussi efficace, ce polar met à nouveau en scène la psychopathe et le flic, amoureux malgré lui.
Il l'aime, il la déteste, elle le hante jour et nuit. Il en va de même pour la tueuse qui voue une fascination sans bornes à son inspecteur. Aussi, quand elle parvient à s'évader, le duo se reforme. Toujours aussi sanguinaire, Gretchen est prête à tout pour le revoir et le manipuler à nouveau. Lui voudrait pouvoir résister mais il succombe encore - une dernière fois ? – à cette étreinte du mal...
F.S.
Nous n'avons pas d'endroit où vivre
Olivier de Solminihac
Ed de L'Olivier
228 p; 18 €
"Manuel, un jeune écrivain français, est invité en Namibie pour animer un atelier d'écriture avec des élèves du township". Il découvre un pays marqué par l'apartheid, cloisonné. Un pays dans lequel tous semblent égarés. Une sorte de no man's land où les aspirations de chacun se délitent peu à peu. Difficile d'y trouver des repères et la bouffée de sens que le narrateur était venu chercher dans cette parenthèse africaine. Inquiétude, ennui… l'écrivain se languit du livre à écrire. Et si l'écriture se tenait justement dans ce creux là ? Un roman court, dense, aux désordres étroitement maîtrisés.
M.M
Correspondante de guerre
Anne Nivat et Daphné Collignon
Reporters Sans Frontières et Editions Soleil
64 p ; 14,90 €
Cette bande-dessinée est née d'une rencontre entre une dessinatrice, Daphné Collignon, et la grand reporter, Anne Nivat. Déjà primée du prix Albert-Londres pour son livre "Chienne de guerre" tirée de son expérience de la guerre de Tchétchénie en 1999-2000, Anne Nivat a décidé de parler de sa vie et de son travail au plus près des conflits.
Dans la BD, on y découvre la genèse de la rencontre entre les deux femmes, les premiers pas de Catherine Nivat dans le monde du journalisme ainsi que ses rencontres au fil des conflits, que ce soit en Tchétchénie ou en Irak.
Très surprenante, cette bande-dessinée change visuellement du tout au tout d'une page à l'autre. Si la mise en scène laisse un sentiment assez étrange, cette BD apporte cependant un témoignage et une interrogation de fond sur la place de la femme dans le monde.
F.S.
La Retirada, exode et exil des républicains d'Espagne
Jospeh Bartoli
Photographies de Georges Bartoli, récit de Laurence Garcia
Actes Sud
18€ ; 168p
Témoin et acteur de l'exode des Républicains espagnols après la prise de Barcelone par les franquistes en janvier 1939, Joseph Bartoli, a croqué la vie de ses compagnons relégués dans les camps français d'Argelès ou de Saint-Cyprien. Prisonniers entassés dans des baraquements, relégués aux frontières d'un monde sombrant dans les totalitarismes. Sobres, vifs, marqués… les dessins de celui qui deviendra l'ami de la peintre Frieda Kahlo sont illustrés de photographies de son neveu, Georges et du récit de Laurence Garcia, journaliste.
Le livre rend aujourd'hui hommage à ce combattant qui défendait la république "le crayon à la main" et au-delà, aux républicains espagnols dont il est si peu fait mémoire en France comme de l'autre côté des Pyrénées.
M.M
Le remplaçant
Agnès Desarthe
L'Olivier
86p ; 12, 50€
"Une radiographie de l'imaginaire personnel et familial" de l'auteur dit la quatrième de couverture.... Encore un roman du je ? Pas vraiment. Un palimpseste de mémoire, une histoire du siècle plutôt. Celle d'une petite fille sur les traces des origines certes, et des places laissées vacantes dans le roman familial par les disparus. Agnès Desarthe souhaitait faire le portrait d'un homme exemplaire, celui du pédagogue polonais Janusz Korczak, qui sauva les orphelins du ghetto de Varsovie… Mais l'homme exemplaire a cédé la place à un "exemplaire d'homme". "3b, Bouz, Boris ou Baruch" … le remplaçant du grand-père mort à Auschwitz. Celui qui humblement, sans rien attendre, remplaça sans différer la place. Le lapsus révèle, symboliquement, c'est sa fonction. Par sa sincérité, sa simplicité, celui d'Agnès Desarthe amène aussi le lecteur à questionner. Son histoire et l'histoire.
M.M





































