A trois mois de la présidence suédoise de l'Union européenne, Andreas Carlgren, ministre de l’Environnement de ce pays scandinave, était ce lundi en visite à Paris. La Suède vient d’annoncer une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020, alors que l’objectif européen est de 20% (voire 30% en cas d’un accord international en décembre à Copenhague). Rencontre.
Comment la Suède entend-elle atteindre son objectif de 40% d’émissions en moins ?
D’abord, nous allons suivre la législation européenne sur le marché des quotas d’émissions et sur les émissions des voitures. Mais 70% de nos émissions ne sont pas concernées par le marché du carbone qui touche surtout à l’industrie lourde. C’est là que nous pouvons agir au niveau national. Pour cela, nous avons l’intention de relever la taxe carbone, qui existe chez nous depuis près de vingt ans et qui concerne les ménages, les transports, l’industrie manufacturière et l’agriculture. La taxe carbone est un outil extrêmement efficace. Elle nous a permis de réduire nos émissions, tout en préservant notre croissance économique élevée. Nous avons combiné une croissance économique de près de 50% depuis 1990 avec une réduction de 10% de nos émissions.
Est-ce que cela reste vrai à l’heure de la crise économique ?
C’est encore plus vrai ! Il ne sera pas possible de sortir de la crise si nous ne nous engageons pas de manière décisive dans l’économie, les investissements et les emplois verts. En 2050, 50% de notre consommation énergétique viendra d’une source renouvelable. A l’avenir, toute croissance économique devra être sobre en carbone et énergétiquement efficace. Une croissance basée sur les énergies fossiles est condamnée à mort.
Pensez-vous que d’autres pays pourraient suivre votre exemple ?
Nous encourageons d’autres pays à engager des objectifs de réduction ambitieux. Dans notre cas, nous le faisons car nous savons que cela ne nous apportera que des bénéfices. Pour la technologie suédoise, la compétitivité de nos entreprises et de nos exportations… sans oublier l’environnement. Propos recueillis










































