Tout a commencé dans une petite “brûlerie”, dans le centre de Nice, en 1934. On y grillait quelques centaines de kilos de grains de café pour la clientèle du quartier. Aujourd’hui, Malongo en torréfie 7 000 tonnes par an dans l’usine accolée à son siège social de Carros. Cette production place la PME azuréenne au quatrième rang mondial. Très loin derrière les géants, mais pionnière du commerce équitable. “Nous nous sommes lancés dans le café bio et équitable dès 1992”, souligne avec une fierté pudique le directeur général, Jean-Pierre Blanc.
Trente pays dans l’entrepôt
Avec sa courte barbe blanche et son sourire malicieux, le boss de chez Malongo est aussi à l’aise dans son fauteuil de directeur qu’assis sur un sac de grains de café dans un hangar de Colombie ou du Viêt Nam. “Là, je reviens du Mexique où nous allons développer le tourisme équitable : les touristes iront cueillir le café avec les producteurs, ils mangeront même avec eux.”
Mais son business, c’est d’abord le café. Le parfum qui se dégage de son usine ne laisse aucun doute là-dessus. Des sacs de jute contenant les précieux grains de 70 crus arrivent de 30 pays directement dans l’entrepôt. Ils sont grillés quelques dizaines de mètres plus loin dans cinq torréfacteurs, d’imposantes machines tenant autant du four que de la bétonnière. Les grains y tournent durant vingt minutes. Mais c’est l’œil humain qui veille sur la torréfaction : un opérateur extrait quelques grains pour en vérifier la couleur, jusqu’à obtenir le résultat voulu. Des plantations lointaines jusqu’au bout de la chaîne, c’est bien l’humain le dénominateur commun.

































