Consommation durable, consommation positive, consommation responsable… peu importe comment on l'appelle, un véritable changement dans nos habitudes est en route. Après l'alerte sur la crise écologique, la crise économique est venue renforcer l'envie d'un monde différent, durable. Ce mouvement concerne déjà plus de 30% des consommateurs du monde industrialisé - notamment en France, et des grandes économies émergentes, selon une étude de l'agence de conseil Risc International, menée dans 54 pays. "On peut parler d'un véritable phénomène de masse", assure Sharon Greene, directrice de Risc International. Une bonne nouvelle alors que débute mercredi la Semaine du développement durable (SDD) dont le thème cette année est la consommation.

La consommation positive
Ce phénomène s'expliquerait avec la notion de "consommation positive", selon Sharon Greene. Un comportement global qui embrasse l'écologie, l'éthique, le social, le bien-être et la santé. "Le consommateur veut toujours se faire plaisir, mais il fait un arbitrage permanent entre ce qu'il doit faire et ce qu'il veut faire, explique-t-elle. C'est une approche pragmatique et pas idéologique." La réponse à la crise écologique ne serait donc pas de "déconsommer", comme l'a souligné Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie lors du lancement, mercredi, de la SDD, mais de consommer différemment : "Nous passons d'une société de boulimiques à une société d'épicuriens", a-t-elle déclaré. C'est donc la recherche du plaisir et de la qualité qui primerait sur la quantité.

Le bio croît malgré la crise
Et tout cela avec un pouvoir d'achat qui stagne ? Selon Sharon Greene, le consommateur n'est pas dupe et pour acheter de façon plus raisonnée et plus responsable "il est disposé à mettre un peu plus cher dans une gamme supérieure pour privilégier la durabilité, quitte à attendre"... ou à consommer moins. La preuve avec le marché du bio qui a connu une croissance de 10% cette année. D'ailleurs, et malgré la crise, "74% des consommateurs de bio déclarent avoir l’intention de maintenir, voire d’augmenter pour 22% d'entre eux, leurs achats de produits bio dans les 6 mois", selon le Rapport des chiffres de la consommation responsable 2008, que publie cette semaine MesCoursesPourLaPlanete.com. 

Ce changement de société s'explique aussi par l'utilisation massive d'Internet, qui permet à la fois de s'informer et de s'exprimer. "Le consommateur fait désormais confiance à ses pairs et non pas à la communication des marques", avance Sharon Greene faisant référence aux innombrables forums de citoyens en ligne. L'information circule et il suffit d'une personne qui mette en évidence un comportement peu vertueux d'une entreprise pour que 1 milliard d'internautes soient potentiellement au courant ! L'idée qu'à 60 millions, il n'y a pas de petits gestes est rentrée dans les mœurs, et cette conscience citoyenne va bien au-delà de l'écologie pour toucher à tous les enjeux, sociaux, économiques et humains d'un développement durable. Les entreprises sont averties !