Depuis près d’une décennie, il a été impossible pour les écuries, à l’exception de Renault, de relever le défi lancé par Ferrari et McLaren. Ce mano a mano pourrait bien changer dès le Grand Prix d’Australie. La nouvelle réglementation 2009 a obligé les ingénieurs à repartir d’une feuille blanche pour redessiner les voitures. Tant et si bien qu’on devrait assister à une redistribution des cartes. Il n’est pas exclu de voir des seconds couteaux, comme Force India, remonter sur la grille alors que le champion du monde en titre, Hamilton, qui a lutté tout l’hiver avec sa McLaren, juge sa voiture moins compétitive que l’an dernier à la même époque.

Brawn en challenger

Le favori des bookmakers et des pilotes est… Jenson Button. Son équipe Brawn GP, issue du rachat de Honda F1, semble outillée pour tenir le rôle de surprise de l’année. Depuis leurs premiers tours de piste aux essais, les Brawn ont signé les meilleurs temps assommant la concurrence. Hier, Renault, Ferrari et BMW ont déposéune réclamation contre l’écurie accusée d’avoir enfreint le nouveau règlement aérodynamique. Leur demande a été déboutée mais les Top team ont fait appel.

Ce qui va changer cette saison...

• Les monoplaces

L’arrivée du système KERS est la principale innovation de l’année. Ce dispositif permet de récupérer l’énergie cinétique générée lors des freinages. En appuyant sur un bouton, le pilote peut profiter d’un surplus de puissan­ce (80 chevaux) pendant quelques secondes. En matière d’aérodynamique, la FIA a imposé la réduction de la taille de l’aileron arrière. Les voitures devraient perdre près de 20% d’appuis. Les pneus sans rainures, les “slicks”, font leur retour. Ils s’usent moins vite et offrent une meilleure adhérence sur sec. En revanche sur piste humide…

• Au niveau du règlement

Le nombre de moteurs a été limité à 8 par pilote et par saison. Autre bouleversement, les essais privés au cours de la saison sont interdits, réduction des coûts oblige.

• Et du calendrier

Deux Grands Prix ont disparu du championnat du monde, et pas des moindres : celui de France (Magny-Cours), au programme depuis 1950, et du Canada (Montréal), présent depuis 1967. Obsédé par la conquête de nouveaux mar­chés, Bernie Ecclestone a ajouté Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) qui clôturera la saison.

LES PILOTES A SUIVRE :

• Robert Kubica (BMW-Sauber) :

“Bobby K” a remporté sa 1re course l’an dernier au Canada et est devenu, à Bahrein, le 1er Polonais a s’adjuger une pole position. A 24 ans, ce fan de bowling a montré qu’il n’était pas seulement très rapide, mais qu’il savait aussi être irréprochable et impitoyable. cette saison, après avoir terminé 4e l’an dernier, il peut jouer un grand rôle dans la course au titre.

• timo glock (Toyota) :

Comme Nico Rosberg et Lewis Hamilton, l’ancien manœuvre sur les chantiers a remporté les GP2 Series en 2007, avant de se voir proposer une 2e chance en F1, après la tentative décevante en 2004 chez Jordan. L’an dernier, lors du GP de Hongrie, l’Allemand de 27 ans a terminé à la 2e place, égalant le meilleur résultat de l’histoire de l’écurie.

• Sébastian Vettel (Red Bull) :

En seulement une saison pleine, Vettel a réussi l’exploit de rem­porter une course, après avoir signé la pole position... sur une piste mouillée, au volant d’une Toro Rosso ! Ce pilote (21 ans), c’est de la dynamite et un champion en devenir, considéré comme le “Baby Schumi”. En 2009, il a été promu dans le baquet d’une Red Bull. A. H.-N.