Eric Woerth, ministre du Budget, et André Santini, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, ont présenté hier une réforme de l'ENA, l'Ecole nationale d'administration. L'objectif est double, a annon­cé Eric Woerth. D'une part, “fournir aux futurs hauts fonctionnaires la meilleure formation avec le souci d'une ouverture sur la socié­té”, et d'autre part, “professionnaliser le mode de recrutement des emplo­yeurs pu­blics”, tout en garantissant “l'impartialité” de la procédure.

Des dossiers anonymes
L'axe de réforme le plus innovant concerne la suppression du classement de sortie, qui déterminait la carrière selon les résultats obtenus. Désor­mais, il reviendra aux administrations de choisir leurs futurs employés en émettant des “fiches de poste à pourvoir”. Les élèves pourront répon­dre librement à toutes les offres. Toutefois, pour éviter le recrutement arbitraire, “par réseaux”, un comité d'affectation sera créé. Il veillera par exemple à ce que les dossiers d'aptitude des élèves soient transmis “sous une forme anonyme” à l'employeur. Autre point important, l'ouverture de l'ENA, “pour favoriser la diversité des talents et l'égalité des chances”. “Le prestige de l'école doit rimer avec ouverture”, a déclaré le ministre. Cela se traduira par l'ouverture d'une classe préparatoire “réservée aux publics défavorisés”. Enfin, la durée des stages sera augmentée, notam­ment celles des stages dans le privé.