Plusieurs sondages le prédisaient : la notoriété a vaincu l’expérience. Près de 6 000 voix ont fait la différence au terme d’une semaine de vote sur Internet des 70 000 adhérents franciliens de l’UMP, qui désignaient leur tête de liste pour les régionales de 2010.
Avec 59,9% des voix, c’est la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, 41 ans, qui tentera de prendre la Région dirigée depuis 1998 par le socialiste Jean-Paul Huchon.
Appel à l’unité
Roger Karoutchi, 57 ans, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement et principale figure de l’opposition régionale, n’a recueilli que 40,1% des voix malgré des tentatives répétées pour accroître sa notoriété, dont la publication fin janvier d’une autobiographie où il révélait son homosexualité.
La participation des adhérents, plus forte que prévu (48,1%), lui a été défavorable. Le candidat malheureux avait déjà dû céder sa place en 2004 à Jean-François Copé, l’actuel patron des députés UMP.
Le résultat a mis fin à plusieurs mois de tensions au sein de l’UMP. Valérie Pécresse revendiquait le soutien de plusieurs poids lourds de la droite, dont Jean-François Copé et, au gouvernement, Rama Yade, Yves Jégo et Rachida Dati.
Son rival avait l’appui de 68 parlementaires, de 125 maires et de 33 conseillers régionaux. La réconciliation est donc inévitable. Hier soir, au siège de l’UMP, Valérie Pécresse a lancé la “reconquête dans l’unité” en déclarant “à Roger Karoutchi et à tous ceux qui l’ont soutenu qui l’ont toute leur place à [ses] côtés”.
Valérie est le symbole du rajeunissement des générations politiques à droite. Jean-François Copé, patron des députés UMP.
La ministre a indiqué avoir laissé un message à son rival, qui ne s’était pas déplacé au siège de l’UMP pour les résultats.
“Nous digérons les résultats”
Sonnés, les soutiens de Roger Karoutchi se préparaient dès hier à la réconciliation. “Cette défaite, c’est une surprise pour nous, a commenté Pierre Bouzin, animateur des Jeunes Franciliens avec Karoutchi (JFK). Nous digérons un peu les résultats.
Après, c’est évident, il y aura un rapprochement entre les militants.” Le président PS de la Région, Jean-Paul Huchon, s’est contenté d’indiquer qu’il prenait “acte de la désignation de Valérie Pécresse par moins d’un militant sur deux”, en tenant compte de l’abstention.






















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