Trois jours après son enlèvement à Arles (Bouches-du-Rhône), la petite Elise reste introuvable. Au centre de tensions entre ses parents biologiques qui se disputent sa garde, la fillette aurait été aperçue quelques heures après son rapt, en compagnie d’une femme, dans un train en direction de la Suisse.
La justice française, par l’intermédiaire du procureur de la République de Tarascon, a contacté les enquêteurs helvétiques, qui tentent de retrouver la trace de la petite fille.
Drame de la séparation
Voilà deux ans qu’Elise est l’objet d’un combat acharné entre son père français et sa mère russe. En 2007, Jean-Michel André et Irina Belenkaya se séparent alors que leur fille est à peine âgée d’un an.
Tandis que la justice française confie à Jean-Michel André la garde de l’enfant, cette dernière est enlevée par sa mère Irina, qui, après un court séjour en Espagne, prend la direction de la Russie.
Malgré la délivrance d’un mandat d’arrêt international, Jean-Michel André décide d’aller récupérer sa fille par lui-même. Après plusieurs voyages de repérage, le père passe à l’action le 20 septembre 2008 alors que la mère n’est pas à son domicile : "Je me suis présenté à la nounou, j’ai flanqué un bouquet de fleurs dans ses bras, et j’ai emmenée Elise", explique t-il.
Une longue cavale s’ensuit, au cours de laquelle le père et sa fille multiplieront les domiciles provisoires par craintes de "représailles", avant de s’installer à Arles la plus discrètement possible. Du moins, jusqu’à vendredi dernier.
Passage à tabac
Car ce jour-là, tout bascule. "Vers 11h50, Elise est aperçue en vélo avec son père dans le centre-ville d’Arles, tandis qu’elle vient juste de quitter l’école" résume une source proche du dossier. Trois personnes s’interposent alors : deux hommes déguisés en agent de sécurité, et une femme portant une perruque brune.
Le père est sauvagement roué de coups, et les trois ravisseurs prennent la fuite avec l’enfant. Quelques heures plus tard, une Renault Modus beige de location, immatriculée 399 ABD 76, ayant servi aux agresseurs, est retrouvée dans les rues de Montpellier.
Selon Jean-Michel André, son ex-femme est à l’origine de cet enlèvement. Cet océanographe de formation pointe d’ailleurs la campagne de déstabilisation intentée en Russie par son ex-épouse, qui lors d’une émission de télévision avait insinué qu’il "aimait de façon étrange" sa petite fille.
Après une fausse alerte samedi qui indiquait qu’Elise et ses ravisseurs étaient dans un avion entre Genève et Moscou, une piste sérieuse retient l’attention des enquêteurs.
"A l'heure actuelle, l'hypothèse la plus probable tient au témoignage d'une ressortissante helvétique qui affirme avoir vu l'enfant accompagnée d'une femme dans un train vers la Suisse vendredi", a déclaré hier le procureur de la République de Tarascon, Antoine Paganelli.
Il a par ailleurs assuré que les autorités suisses "faisaient le nécessaire". De leur côté, les autorités russes indiquaient qu’elles informeraient la France, si la mère et la fille étaient localisées en Russie. "Mais il ne peut être question d'interpeller la mère de l'enfant", a déclaré le chef du service de presse du ministère de l’intérieur, Oleg Elnikov.


































