Les pesticides font peur. Les associations de protection de l'environnement ainsi que de nombreux documentaires dénoncent régulièrement leur impact sur la santé humaine et leur responsabilité dans la disparition des abeilles, ces insectes pollinisateurs auxquels on doit l'existence de 80% des végétaux de la planète. La Semaine sans pesticides, qui se déroule jusqu'au 30 mars, est l'occasion de faire un point sur l'utilisation de ces produits, appelés phytosanitaires, et des risques éventuels sur notre santé.

A la suite du Grenelle de l'environnement, le ministère de l'Agriculture a mis en place le plan d'action "Ecophyto 2018" dont l'objectif est d'amener à une réduction de 50% de l'usage des pesticides dans un délai de dix ans… si possible. La recherche agronomique est au cœur de cette stratégie, notamment par le développement d'une agriculture intégrée. Ce type de production utilise en effet des techniques alternatives aux pesticides et aux engrais de synthèse, comme la lutte biologique, ou la rotation des cultures qui peuvent réduire de 50% le recours aux intrants chimiques.

Sur les sites non agricoles, les efforts faits par un certain nombre de villes démontrent d'ores et déjà qu'un avenir sans pesticides est possible. C'est le cas de Paris qui a réussi à baisser de 90% l’utilisation de phytosanitaires en quinze ans, notamment grâce à des techniques de désherbage mécaniques ou thermiques.

Et l'homme dans tout ça ? Les avis sont contradictoires (voir ci-dessous). Une utilisation responsable et conforme au "mode d'emploi" de la part des agriculteurs devrait garantir le respect des limites de résidus autorisés pour les aliments. Mais l'effet du "cocktail" de ces molécules sur notre santé reste inconnu. Comme c'est souvent le cas, l'inconnu fait peur.