Le soleil a brillé ce jeudi, le pavé, lui, a brûlé. Près de deux mois après leur première journée de mobilisation, les syndicats ont de nouveau réussi à attirer les foules. Entre 1,2 (police) et 3 millions (CGT) de manifestants ont défilé en France. C’est plus que le 29 janvier, où entre 1,08 et 2,5 millions de personnes avaient été comptabilisées dans les rues de l’Hexagone, et c’est une affluence record depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Avec la multiplication des plans sociaux dans les entreprises, les salariés du privé sont notamment venus en nombre grossir les cortèges. Seule ombre au tableau de ce "jeudi noir" : le taux de grévistes de la Fonction publique a diminué de quatre points, à 21,1%, selon les chiffres du ministère.
Fillon fait la sourde oreille
Les objectifs sont en tout cas largement remplis pour les syndicats, qui ont qualifié cette journée de "grand succès". Mais ce jeudi soir sur TF1, François Fillon, envoyé au front par Nicolas Sarkozy, a douché leurs espérances. Ils misaient sur une démonstration de force pour rouvrir le dialogue et obtenir de nouvelles mesures pour les salariés ?
"Il n’y aura certainement pas de nouveau plan de relance", leur a répondu le Premier ministre, dont le discours reste inflexible: "On a doublé le déficit public cette année, on ne peut plus aller au-delà", a-t-il répété. L’exécutif estime de toute façon avoir suffisamment fait de concessions lors du sommet social du 18 avril. Une attitude qualifiée "d’autisme" par le leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.
Les partis de gauche, tous présents dans les cortèges, ont eux aussi exhorté ce jeudi le gouvernement à changer de cap. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a notamment appelé à la création d’une prime de 500 euros pour les bas salaires. Même l'ancien Premier ministre Alain Juppé a demandé à ce que la journée de mobilisation ne soit "pas prise de haut" et a estimé qu'il faudrait "se remettre autour de la table".




































