Voilà une affaire qui ne restera pas lettre morte…Dix jours après les dernières réceptions de courrier anonyme menaçant de mort plusieurs élus politiques, de nouvelles missives ont été adressées au Premier Ministre François Fillon, à la Ministre de la santé Roselyne Bachelot, ainsi qu’au journaliste politique d’Europe 1 Jean-Pierre Elkabbach. Tandis que les enquêteurs pensaient tenir un suspect, après le placement en garde à vue puis la libération d’un militaire de réserve, les investigations semblent à l’heure actuelle au point mort.

Une balle seulement…

Après Rachida Dati, Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy et d’autres, c’est au tour de François Fillon d’être le destinataire de menace de mort. "Là encore, le lieu d’envoi- l’Hérault- et la nature des menaces sont les mêmes que dans les précédentes lettres. Exception faite pour la balle de 9mm" expliquait hier une source proche du dossier. Car, si le courrier adressé au locataire de Matignon n’était pas accompagné d’une balle de revolver, ce fut le cas en revanche dans la lettre adressée au journaliste de la station Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach. Enfin, une lettre similaire- signé de l’"Action Armée défense des malades" a été reçue par le bureau de l’AFP à Montpellier. Le texte menace directement Roselyne Bachelot ; notamment coupable d’avoir "supprimé des milliers de lits d’hôpitaux" dans la région.

L’enquête piétine

Le 6 mars dernier, un militaire de réserve de 47 ans était placé en garde a vue, puis rapidement relâché. Dès le départ, les enquêteurs se voulaient extrêmement prudents sur cette piste. Mais aujourd’hui, l’enquête peine à avancer. "On pense que c’est bien la même personne", explique  à Metro Isabelle Montagne, porte-parole du Parquet de Paris, précisant qu’au total "vingt courriers ont été envoyés". Du point de vue policier, on explique que sur-médiatisation de l’affaire n’aide pas. "Dans ces cas-là, les officiers traitant l’affaire ont besoin de calme" précise Patrick Applencourt, délégué Paca Languedoc Roussillon du syndicat Synergie Officiers. "Mais l’affaire est prise très au sérieux et les investigations se poursuivent". Histoire que ces menaces ne restent pas lettre morte….