Pourquoi un documentaire sur les abeilles ?
Il y a quelques années, j'ai découvert une étude menée par un scientifique allemand, Hans-Heinrich Kaatz, qui montraient que les OGM avaient un impact sur les abeilles. Je me suis donc intéressée à la question des abeilles qui disparaissent depuis 20 ans, avec des pics catastrophiques comme novembre 2006 en Europe et juillet 2007 aux Etats-Unis, lorsqu'on a enregistré des pertes allant de 60 à 80% du cheptel. A ce moment, le monde a pris conscience qu'il ne s'agit pas d'un problème d'apiculteurs, mais que de ces pollinisateurs dépend l'existence de 80% des végétaux de la planète. Sans ces pollinisateurs, on aurait une pauvreté alimentaire sans précédent.
D'après votre enquête, comment peut-on expliquer cette disparition ?
On parle de plusieurs causes : l'appauvrissement de la variété des végétaux sur la planète, des parasites comme le varroa, des champignons comme le nosema, les OGM, les pesticides. Or l'enquête a montré que l'impact du varroa et du nosema sont une conséquence de l'affaiblissement de l'immunité des abeilles. La cause n’est finalement pas multiple. Ce sont les pesticides qui sont responsables, et plus particulièrement, le mélange de molécules entre elles.
Comment renverser la tendance et sauver ces pollinisateurs ?
Il faut aider financièrement ceux qui font de l'agriculture biologique ou le plus naturelle possible. Aujourd'hui, ils ont zéro subventions alors que les céréaliers qui font de l'agriculture intensive en reçoivent. Il faut valoriser le bio pour qu'il se développe et qu'il devienne plus accessible. Il faut arrêter d'utiliser des désherbants et autres produits chimiques dans nos jardins et dans les espaces verts qui n'ont aucun souci de rendement. Laissons la nature vivre aux abords des autoroutes, des voies de chemin de fer, dans nos jardins.










































