Renforcer l’offre de bus, la cadence des métros et la modernisation des rames n’a pas que des inconvénients pour les comptes d’une entreprise publique, et la RATP, qui a investi plus d’un milliard d’euros en 2008, l’a bien compris. Malgré la crise, ses recettes ont augmenté et elle affiche un chiffre d’affaires de 4,317 milliards d’euros, en hausse de 5,2% par rapport à l’an passé. Un “bon résultat”, selon Pierre Mongin, son président, mais qui “ne suffit pas” : la RATP, dopée financièrement par l’Etat et par le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), a encore du mal à s’autofinancer. En 2008, elle s’est même endettée un peu plus, à hauteur de 191 millions d’euros, contre 93 millions l’année précédente.

Il n’empêche. La RATP, qui a augmenté ses investissements de près du tiers en trois ans, entend continuer dans cette voie face à la crise. Pour cela, elle va largement profiter du plan de relance de l’Etat, qui prévoit 450 millions d’euros en plus pour l’entreprise publique, dont 300 millions de l’Etat. “Nous demandons les 150 millions restants à la Région, précise Pierre Mongin. En 2009, le budget d’investissements va augmenter de 40% et s’élèvera à 1,43 milliard d’euros, un chiffre sans précédent.” En contrepartie de ces aides, la RATP promet d’accélérer les efforts pour le renouvellement des rames du RER A et la modernisation du parc de bus. Autre argument : elle s’engage à embaucher 2 500 à 3 000 personnes, soit le même nombre qu’en 2008, dont 1300 jeunes de moins de 26 ans. Cela fera de la RATP le “deuxième recruteur d’Ile-de-France”.