Il n’y a pas de hasard dans la vie. Pour partir visiter les coulisses de Guitar Hero Metallica, c’est en Californie qu’il faut poser ses valises. Là où tout a commencé pour le groupe aux 150 millions de disques vendus dans le monde. Là où sont nés James Hetfield et Kirk Hammett. Là où le groupe fit ses débuts en 1981.

Du skate à la guitare

Direction Woodland Hills, à trois quarts d’heure du centre de Los Angeles, bouchons compris. Dans un petit village d’entreprises qui fleure bon la réussite par la high-tech, nous voici devant le bâtiment de Neversoft, un studio bien connu des gamers pour, depuis dix ans, abreuver le marché de tous les titres de la série Tony Hawk (skateboard) et, en 2005, avoir sorti le très apprécié jeu de cow-boys Gun.

Depuis 2007, Neversoft a récupéré Guitar Hero. Et après Legends of Rock, Aerosmith et World Tour, la bande de fanatiques de gratte s’apprête à sortir Metallica, au terme d’un travail passionné et acharné. Dans deux mois, les fans pourront se mesurer aux riffs du plus grand groupe de metal du monde.

Deux industries, une passion

“Il doit y avoir de la passion pour faire un jeu, explique Tim Riley, directeur de l’acquisition des droits musicaux. Et ce qui est motivant pour moi, c’est que personne ne m’a jamais dit : ‘Non, je ne veux pas apparaître dans le jeu. Je n’aime pas Guitar Hero, son principe.’ Moi-même, je viens de l’industrie musicale et ce n’était pas gagné : dans le monde du jeu vidéo, et à Neversoft en particulier, les gens sont plus jeunes et poussent les barrières, tandis que l’industrie de la musique est plus ancienne et bien installée. Mais je sais qu’aujourd’hui, ces deux mondes s’aiment bien et savent qu’ils vont encore grandir ensemble, qu’ils ont des opportunités communes à saisir…”

Il est vrai qu’en faisant le tour des studios, on peut avoir du mal à savoir si l’on crée ici des jeux vidéo, des disques ou même des guitares ou des événements de heavy metal. On pourrait même se croire dans un musée du hard rock, au regard des dizaines de guitares dédicacées qui ornent les longs murs des locaux.

Dans chaque bureau, les développeurs, des trentenaires aux allures de post-ados, bossent inlassablement au milieu de goodies, de figurines et de posters. Mais qu’on ne s’y trompe pas : on a bien affaire à de vrais pros qui ne négligent aucun détail et savent où ils vont et ce qu’ils veulent. Ici, on dessine les environnements en reproduisant dans les moindres détails des salles de concerts plus vraies que nature, là, on exploite la motion capture pour donner vie aux personnages de façon réaliste…

Tiens, ça tambourine par là… Aussitôt la porte ouverte, on peut voir une cinquantaine de testeurs absorbés, gratter sans complaisance pour déceler les derniers bugs d’un jeu qui promet de faire du bruit !