Inciter les patrons franciliens à embaucher da­vantage de femmes, de se­niors, de handicapés ou de jeunes discriminés en raison de leur nom ou de leur adresse.

C’est l’objectif du plan “pour l’égalité d’accès à l’emploi”, signé hier par la préfecture de Région, les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et syndicales (CFDT, CGT, CFTC et CFE-CGC) d’Ile-de-France et plusieurs associations.

Le document, qui vise à fédérer les initiatives en faveur de l’insertion dans le monde du travail, part d’un constat simple : les discriminations persistent. Il note même une “accentuation de la ségrégation résidentielle” entre les quartiers d’affaires de l’Ouest et du Sud parisiens et les marges de l’Ile-de-France. Les handicapés restent largement sous-employés, avec un taux d’emploi de 3%, contre 4% dans le reste du pays.

Seules 6,4% des entreprises sont couvertes par un accord, selon la préfecture de Région. Par ailleurs, si les seniors (55-64 ans) travaillent plus, avec 50,5% contre 41,3% à l’échelle nationale, leur taux de chômage reste plus élevé. Enfin, l’égalité hommes-femmes progresse, mais le taux de chômage de ces dernières reste un peu plus élevé (8,3% contre 8,1% chez les hommes en 2007) et leurs emplois plus précaires.

Un comité d’évaluation
“Ce plan prévoit avant tout la prévention et, en cas d’excès, les sanctions légales”, précise Daniel Canepa, préfet de Région. Les signataires s’engagent à former davantage de personnes aux négociations pour lutter contre les discriminations au sein de l’entreprise.

Ils devront aussi soutenir “des actions positives en faveur des jeunes des quartiers défavorisés”, en particulier à Roissy, Orly-Rungis, Seine Aval et aux franges de l’Ile-de-France.

De son côté, l’Etat, qui appuiera financièrement les “bons projets”, a mis en place un comité chargé de les évaluer. Cette année, l’inspection du travail effectuera 2 000 visites pour faire passer le message chez les employeurs.