Le prêt de salariés pour contrer la crise ? L’idée est osée, mais c’est l’une des hypothèses étudiées par Rhodia pour limiter l’impact du chômage partiel.
“Aucun but lucratif”
Le groupe, qui emploie plus de 2 500 personnes dans le Grand Lyon, est confronté à une baisse de ses commandes. Sur le même bassin d’emploi, des salariés pourraient être déplacés en interne d’un site à l’autre selon l’activité, par exemple de Saint-Fons à Collonge. Mais ils pourraient aussi être détachés sur des missions pour d’autres sociétés à la recherche des compétences présentes chez Rhodia.
La direction précise qu’il n’y a “aucun but lucratif”. Rhodia paierait les salaires de ses employés et serait remboursé ensuite par les entreprises clientes au centime près pour ne pas tomber sous le coup d’un délit de marchandage.
L’idée ne réjouit pas la CGT, inquiète des répercussions sur l’emploi des clients “Cela revient à fabriquer de la sous-traitance. Forcément, cela aura un impact sur les effectifs des entreprises clientes en remplaçant des intérimaires et des CDD”, estime Jacques Lacaille, délégué CGT Rhodia.
Décision le 18 mars
Du côté de la direction, on rappelle que cette idée fait l’objet “de discussions ouvertes” et que rien n’est acté. Ce projet doit être débattu le 18 mars avec les syndicats. Il fait partie d’un ensemble plus large de mesures anticrise, parmi lesquelles le blocage des salaires en 2009.
































