A 4 jours de la journée internationale de la femme, que faut-il attendre de cette célébration ? Pour beaucoup, nul besoin du 8 mars car « la femme, c’est tous les jours sa fête. ». Propos confondant d’un machisme d’un autre âge ou paroles désabusées de femmes fatiguées par 364 jours d’invisibilité, de silence et d’humiliation ? Les deux sans doute. Alors quel bilan faut-il dresser de l’année écoulée ? Quelles avancées pour les droits personnels et sociaux des femmes ?.
Première statistique, premier choc, selon le rapport de l'Observatoire national de la délinquance (OND), en 2007,les violences conjugales ont causé la mort de 166 femmes en France, soit près d'une victime tous les deux jours. En 2006, 410.000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences de la part d'un conjoint ou d'un ex-conjoint. Ce sont aussi 130.000 femmes qui ont subit sous la contrainte le viol. Pour la première fois, Amnesty international sonne l’alarme et publie un rapport dans lequel Prune de Montvalon, chercheuse, dénonce : « Tant que cette violence spécifique sera occultée ou relativisée, tant qu’elle ne sera pas suffisamment prise en compte par l’Etat et reconnue comme un véritable enjeu par la société toute entière, elle ne cessera pas. C’est à ce prix seulement que la France qui se revendique comme la patrie des droits de l’homme sera aussi celle des droits des femmes. ».
Beaucoup d’associations, dont les Marianne de la diversité, se sont mobilisées pour que cesse la loi du silence et pour qu’en 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes soit déclarée cause nationale. Mais chacun le sait, les violences physiques, sont cumulées aux violences symboliques : ici, un machisme institutionnalisé, là une discrimination politiquement organisée ou encore une exclusion théologiquement justifiée, la liste est longue de tous les manquements et renoncements à notre principe d’égalité envers les femmes.
Autre point aveugle, la représentation publique et notamment politique. Le renouvellement par la parité, de notre classe politique est aujourd’hui une nécessité si nous voulons écouter et respecter la parole de nos concitoyens. Comment ne pas s’alarmer quand en 2007, le pourcentage de femmes à l’Assemblée nationale est de 18,54%. Grâce à ce « score historique », la France progresse, passant du 86éme rang, au 58ème rang mondial. Belle performance quand on sait que la population française compte 51 % de femmes pour 49% d’hommes.
Par ailleurs aucune femme député n’a reçu l’onction de son parti pour briguer une présidence de Commission, hormis celle de la délégation des droits des femmes, qui revient comme par enchantement à une femme … Quand les femmes parlent aux femmes ! Pourtant, plus que jamais notre présence politique est nécessaire pour peser dans le débat et pour ouvrir à toutes les femmes les portes de l’invisibilité et de la reconnaissance. « Ne vous résignez jamais », ce cri du cœur de Gisèle Halimi, notre vigie à toutes, doit devenir notre signe de ralliement. Pour l’année qui vient et en prévision des bastilles qui nous restent encore à prendre, je dédie à toutes les femmes, d’ici et d’ailleurs, cette belle phrase de René Char, «impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque, à te regarder, ils s’habitueront »










































