L’avant-projet de loi sur les droits des beaux-parents fait débat au sein de la majorité. Car ce texte, qui permet, si les deux parents sont d’accord, de donner à un tiers un pouvoir légal pour élever un enfant, reconnaît pour la première fois la famille homoparentale. De quoi réveiller les querelles de famille à droite.
“Elle est dans son rôle”
Au sein du gouvernement, Christine Boutin a engagé un bras de fer avec la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, chargée du projet. Si l’ancien fer de lance de l’opposition au Pacs affirme que le fond du problème, c’est que la famille sociale soit privilégiée, elle s’est inquiétée : “Je n’accepterai pas que l’on reconnaisse l’homoparentalité et l’adoption par les couples homosexuels de façon détournée.” Nadine Morano a immédiatement répliqué, taxant les propos de sa collègue de “posture passéiste et idéologique”.
Un clash au gouvernement ? Non, nous répondait hier Christian Dupont, le porte-parole de Christine Boutin. “Elle est dans son rôle. Nicolas Sarkozy l’a choisie au gouvernement pour ce qu’elle représente et il pourrait lui reprocher de ne pas prendre la parole sur ce type de sujet. Ce qu’elle veut, c’est qu’il y ait débat.” Mission accomplie. Hier, tandis que des députés conservateurs ont continué de protester contre le projet de loi, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a demandé un débat sur l’homoparentalité pour “se faire son avis”.


































