Obtenir un logement devient plus que jamais une expérience laborieuse. Si les plus chanceux réussissent à trouver leur bonheur en une ou deux semaines, pour d'autres, c¹est une affaire de plusieurs mois. C'est le cas d'Anna, 21 ans, étudiante. Après plus de deux mois de recherche, elle
vient de trouver un logement qu'elle juge trop cher pour elle. Comme d'autres, Anna a dû faire la queue derrière des dizaines de candidats, dossier à la main. Une expérience "frustrante", explique-t-elle. Pour son loyer actuel, elle a dû fournir ses quittances de loyer des trois dernières années, la caution des parents et les preuves écrites qu¹elle occupait non pas un, mais deux emplois. Heureusement, en tant qu'étudiante, elle peut compter sur 200 euros d'APL.
Nicolas, 29 ans, est en CDI depuis cinq ans. Il a fait appel à son entreprise pour une aide Locapass, étant donné que le salaire de son cautionnaire était inférieur au sien. En effet, les propriétaires exigent désormais que les revenus du locataire, mais aussi du cautionnaire, soient trois fois supérieurs au loyer.
Locapass en main, Nicolas cherche depuis trois mois. Et il ne trouve rien du côté des agences immobilières. Celles-ci prétendent en effet qu'elles préfèrent avoir un "garant physique". Mais pour Nicolas, "le problème est qu¹elles ne peuvent pas prélever des frais de dossier aux bénéficiaires de
cette aide." Et qu¹elles favorisent les dossiers présentant un garant sonnant et trébuchant...
Discrimination
Les locataires doivent parfois faire face à la discrimination. Juliette et son copain Sabino, d¹origine africaine, sont mariés et occupent deux postes en CDI. Juliette raconte : "Je visite toujours les appartements seule parce que nous avons déjà été victimes de discrimination." Elle dénonce les
questionnaires des agences immobilières, qui virent parfois à l'"indiscrétion scandaleuse." Le parcours du combattant des futurs locataires n'est pas près de changer. "A partir du moment où les marchés sont tendus, les prix ne baissent pas, du moins, tant qu¹il n¹y a pas de nouveaux logements créés", note Martine Rullier, directrice de l'Adil 75 (Association départementale d¹information sur le logement).









































