Cinq mois après sa libération, Marc Machin publie un ouvrage consacré à sa vie et aux sept ans qu’il a passés derrière les barreaux. En 2004, il est condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, en 2001, sur le pont de Neuilly. Après avoir reconnu les faits, Marc Machin se rétracte.
En mars 2008, un homme, David Sagno se présente au commissariat de Neuilly et s’accuse de ce meurtre ainsi que de celui d’une autre femme, Maria-Judith Araujo, toujours sur le pont de Neuilly, commis en mai 2002. Son ADN a été retrouvé sur le corps des victimes. Marc Machin, lui, a bénéficié en juillet dernier, d’une suspension de peine. Il a été libéré le 7 octobre et attend que la cour de révision proclame son innocence.
Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Il était important pour moi que les gens comprennent comment cette erreur judiciaire a pu arriver, même si elle n’est pas encore reconnue. Je voulais aussi que les gens soient au courant de mon parcours : ce que j’ai pu endurer enfant, les bêtises que j’ai pu faire… Je n’ai rien caché.
Pourquoi racontez-vous votre enfance et votre adolescence ?
Pour donner l’image de ce que je suis vraiment. Les reportages qui m’ont été consacrés à une époque étaient particulièrement à charge et truffés de contre-vérités. Certains parlaient de moi comme d’un jeune déséquilibré de 19 ans, toxico et alcoolique.
Avez-vous compris pourquoi David Sagno a fini par se livrer à la police ?
Pour soulager sa conscience, il s’apprêtait à tuer sa propre nièce. Il a réalisé qu’il allait trop loin.
Il a choisi le chemin de la rédemption.
En tant que témoin, vous ne pourrez pas assister au procès de David Sagno, mais vous souhaiteriez le faire. Pourquoi ?
A cause des actes horribles qu’il a commis, je me suis retrouvé impliqué dans cette affaire. Oui, en passant aux aveux il m’a sauvé, mais j’ai passé sept ans en prison alors que je n’avais rien fait. J’attends du procès de David Sagno un verdict exemplaire. Je veux absolument connaître la vérité et
je suis de tout cœur avec les familles des victimes. Si elles ne sont pas prêtes à l’accepter, j’aimerais quand même qu’elles le sachent.
Vous avez failli mourir en prison...
Si le maton que l’on surnommait Barry White n’était pas arrivé, je ne serais sans doute pas là. Un surveillant avait manqué de respect à ma grand-mère décédée, et ça n’est pas passé. Il y a eu une altercation, il m’a pris à la gorge et a tenté de m’étrangler.
Vous avez été reçu mardi à l’Elysée par un proche du président de la République…
C’est un soutien pour mes démarches de recherche d’emploi, de stages, mais aussi un soutien moral en attendant la décision de la commission de révision… Depuis que je suis sorti de prison, qui se soucie, au niveau de la justice, de savoir ce que je deviens ?
A quoi aspirez-vous ?
A trouver un emploi et à fonder une famille. Si je peux trouver un emploi dans l’équitation, je serai très heureux. Je veux offrir à mes enfants tout ce que je n’ai pas eu : une bonne éducation, de la tendresse… Pour cela, il faut que la justice reconnaisse ses torts, qu’elle m’innocente et qu’il y ait réparation morale, pour moi, comme pour les familles des victimes.




































