Si l'on en croit les derniers chiffres de l'étude de l'observatoire Clameur (connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux), ça se tasse du côté des loyers. En 2008, les loyers ont augmenté de 1,5%, contre 2% en 2007.
"On constate une poursuite du ralentissement de la progression des loyers, qui devrait conduire à une hausse d'un peu moins d'un point en 2009", a résumé Michel Mouillard, professeur d'économie à Paris-X. On est loin des hausses des années précédentes, où la progression des loyers avait atteint 5,1% en 2004, 4,8%en 2005 et 4,5% en 2006.
Et 2009 s'annonce sous de meilleurs auspices : pour les premiers mois, la hausse en glissement annuel atteint 0,2%, et dans 43,8% des villes (soit deux fois plus qu'il y a un an), les loyers baissent par rapport à la même période de l'an dernier. C¹est le cas par exemple àParis (-1,8%), Toulouse, (-1%), Lille (-0,3%) ou Besançon (-6%). Mais on est encore loin d'un retournement de tendance : les loyers augmentent à Lyon (+3,3%), Nice (+4,1%) ou Nantes (+1,1%).
Du mal à vendre
Et si les tarifs de la capitale sont en baisse, encore faut-il analyser le marché à la loupe : les arrondissements de l'Ouest et du Sud (déjà les plus chers) voient leurs loyers se renchérir, tandis que ceux du Nord et de l'Est connaissent une baisse (- 6% dans le XIXe, - 6,2% dans le Xe et même - 14,4% dans le IIIe). "On est sur le fil du rasoir. On peut aussi bien aller vers une baisse des loyers que vers une très faible progression.
Le moment est au flottement et à l¹incertitude", estime Michel Mouillard. "Nous sommes loin d¹un retournement de tendance sur le marché locatif", estime Olivier Seners, PDG du Groupe AVendreALouer. "Nous avons constaté une hausse de 30% des offres de location au cours des deux derniers mois. Les propriétaires, qui ont du mal à vendre leur bien, préfèrent plutôt mettre leur bien en location." Une situation qui devrait accélérer le mouvement à la baisse.
"Pas réellement, puisque dans le même temps, les demandes de location sur notre site ont progressé de 26%. Les candidats à l'acquisition ont du mal à boucler leur projet immobilier et à trouver un crédit. Du coup, ils se reportent sur la location."
Les deux tendances se neutralisent, "et l¹on va vers une stabilisation des prix". Une situation qui rendrait caduque la demande de l¹association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) de gel des loyers en 2009, puisqu¹il y a, "de facto, une stabilisation des loyers sur un an", estime Michel Mouillard. Après une hausse des loyers cumulée de 43% entre 1998 et 2009, il était temps.








































