L’avantage de tomber très bas, c’est qu’on ne peut que remonter ! C’est en substance ce que l’on pourrait retenir des différents discours souvent optimistes tenus par les professionnels de l’immobilier. Pourtant, l’effondrement des transactions dans l’ancien – de l’ordre de - 20 à - 30% à la fin de l’année dernière – a donné un véritable coup de frein à la frénésie immobilière de ces dernières années.

“Une pause était nécessaire et attendue, mais ce qui est singulier, c’est la brutalité des événements, commente maître Philippe Pailhès, responsable immobilier de la chambre interdépartementale des notaires. En quinze ans, c’est la première fois que ça arrive. I

Avant, les acqué­reurs avaient tendance à s’éloigner du centre-ville de Toulouse pour acheter, mais, avec l’augmentation du prix de l’essen­­ce, ils ont pris conscience qu’ils n’arriveraient plus à joindre les deux bouts et le marché s’est recentré sur le centre et le périurbain. Maître Philippe Pailhès, responsable immobilier de la chambre interdépartementale des notaires

l y a bien eu une période perturbée dans les années 90, mais ça n’avait pas été aussi soudain, et surtout elle n’était pas conjuguée avec la crise financière et sociale que l’on connaît aujourd’hui”. Et les premiers à souffrir de ce “cocktail explosif” sont les biens situés en périphérie, à 20 ou 30 kilomètres de Toulouse.

“Avant, les acquéreurs avaient tendance à s’éloigner pour acheter, mais avec l’augmentation du prix de l’essence, ils ont pris conscience qu’ils n’arriveraient plus à joindre les deux bouts. Le marché s’est recentré sur le centre et le périurbain”, ajoute-t-il.

Une baisse des prix relative
Mais alors que l’on parlait d’une baisse probable des prix à deux chiffres il y a six mois, les études menées par la chambre des notaires font état d’une diminution de “seulement” 2% à Toulouse pour les appartements anciens (2 380 euros le mètre carré en moyenne), et de 5% pour les maisons anciennes (prix de vente moyen de 290 000 euros).


Quelques exceptions sont cependant à noter. Les appartements des quartiers de l’hypercentre ont même enregistré des hausses de prix, allant jusqu’à 4% au Capitole. Pour maître Pailhès, les appartements de type T1 situés au centre-ville ne connaissent pas la crise parce qu’ils représentent malgré tout “une valeur refuge”. D’autres quartiers bénéficient par ailleurs d’une forte attraction liée aux nouveaux aménagements. A la Croix-de-Pierre, par exemple, l’influence du projet du cancéropôle a entraîné une hausse de 7% des prix.

Des bonnes affaires
Mais tous les professionnels s’accordent à dire que, même par les temps qui courent, il y a de très bonnes opportunités à saisir, notamment grâce aux divorces et aux mutations. “Quand on est dans une crise de couple, on ne peut pas attendre deux ans que le marché immobilier aille mieux pour vendre, estime maître Pailhès. Il en va de même pour les personnes qui sont mutées. Ces catégories de personnes sont celles qui sont obligées de faire des efforts et peuvent baisser leurs prix jusqu’à 10 ou 20%.”

Des taux plus attractifs
Enfin, pour les acquéreurs, la vraie bonne nouvelle en ce début d’année est surtout la baisse des taux d’intérêt (d’environ 5 à 4%), ce qui devrait permettre de resolvabiliser bon nombre d’acheteurs potentiels. “Le deuxième trimestre 2009 sera à suivre de très près, car même si ça ne repartira pas tout de suite, ça devrait nous donner des indicateurs pour la suite”, conclut maître Pailhès.