Mis à jour 18-02-2009 17:34
Millénium, le film : vu et approuvé
L’adaptation du best-seller ne devrait pas décevoir ses lecteurs

Photo : UGC
Il faisait un très clément - 3 °C à Stockholm ce lundi après-midi. Ce n’est donc pas de froid, mais d’impatience que quelques happy few, dont Metro, ont trépigné à l’avant-première du film le plus attendu du printemps. Män som hatar kvinnor (“Les hommes qui n’aimaient pas les femmes”) va attirer une bonne partie des 10 millions de lecteurs de la trilogie Millénium, de Stieg Larsson. Deux heures et demie de projection plus tard, le verdict était plutôt unanime : wow, ça va cartonner !
Un casting réussi
Le réalisateur danois Niels Arden Oplev reste fidèle au roman. Pour adapter ce pavé de 500 pages aux intrigues emmêlées — et un tantinet compliquées —, il a choisi de se concentrer sur l’enquête autour de la disparition d’Harriet Vanger. L’affaire Wennerström est donc rapidement expédiée au début et à la fin, la rédaction de Millénium n’occupe qu’une scène, Erika Berger ne fait que de courtes apparitions. Mais on attendait surtout la matérialisation des deux personnages principaux. Michael Nyqvist, star en Suède, campe un honnête Blomkvist, sans être renversant.
Les gros plans sur sa peau grêlée et sa curieuse implantation de cheveux ne rendent pas justice à un homme beaucoup plus séduisant en chair et en os. Pourtant, au détour d’un plan, il a ce sourire ironique qui fait tomber les filles — beaucoup plus dans les livres que dans le film ! Et Lisbeth, alors, Lisbeth ? Incarner l’écorchée vive la plus captivante du polar contemporain était une vraie gageure. Gloire à Noomi Rapace, qui s’en sort avec les honneurs. Sombre, nerveuse, sexy dans son genre, elle est plus athlétique que le personnage du livre, mais aussi insondable, tout en violence rentrée. Pour vous donner une idée du degré d’identification, on disait tous Lisbeth pour désigner Noomi... La jeune actrice a d’ailleurs reconnu avoir plusieurs points communs avec elle.
La suite à la télé
Quant à Nils Bjurman, l’infâme tuteur-violeur de Lisbeth, il est répugnant à souhait. Et tant pis si les petits détails qui nous rendent Millénium exotique sont discrets, voire invisibles : le climat inhumain de Hedestad, l’hygiène alimentaire déplorable des personnages, les galipettes de Mikael. Le timbre agréable de la langue suédoise et la belle lumière du Nord remplissent leur rôle dépaysant. La mise en scène, de belle facture classique, et le rythme soutenu devraient assurer un joli succès au film dans les autres pays : pour l’instant, outre la Scandinavie, la France et l’Italie ont acheté les droits.
En Suède, où un habitant sur trois a lu la trilogie, le film sortira sur 150 copies, contre 40 en moyenne. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes connaîtra aussi une version télévisée de 2 x 90 minutes. Les deux autres volets sont déjà tournés : on meurt d’envie de les voir, mais il faudra attendre décembre leur diffusion sur les télévisions scandinaves, et 2010 dans les autres pays. Ça laisse un peu de temps pour potasser son suédois.






