Longtemps considérés comme hors de prix et destinés à une clientèle privilégiée, les produits bio s’affichent désormais dans les gondoles des hard discounts. ED, Leader Price et Lidl ont développé des gammes de plus en plus larges de produits au logo AB (agriculture biologique). Des fruits et légumes (choix limité) aux pâtes, confitures, œufs, lait, vin (ED propose un bordeaux à 3,99 €)… la liste ne cesse de s’allonger.

Une demande croissante
“Nous avons débuté avec quelques produits en 2001. Mais c’est à partir de 2008 que  nous avons étendu la gamme. On compte aujour­d’hui plus de 60 références et on souhaite arriver à une centaine d’ici à l’été”, confirme Pascal Courtecuisse, directeur marketing chez Franprix, qui a travaillé sur la gamme bio de Leader Price (groupe Casino). Même constat chez ED (groupe Carrefour). “Les ventes de notre lait bio lancé en 2003 ont montré une demande croissante de ces produits chez notre clientèle”, explique Laurence Reix, directrice marketing chez ED.


Selon le baromètre annuel de l’Agence bio, 69% des Français affirment en effet privilégier l’achat de produits respectueux de l’environnement et du développement durable et 76% d’entre eux pensent que l’agriculture biologique est une solution d’avenir face aux problèmes environnementaux. “Une fois constatée cette tendance de consommation, nous cherchons à rendre accessibles les produits issus de l’agriculture biologique au plus grand nombre”, poursuit Laurence Reix.
La recette du prix le plus bas ne change pas pour les produits bio : pas ou peu de pub, un nombre de produits référencés limité (environ 3 000 chez ED et Leader Price), donc une logistique très rationnelle avec peu d’entrepôts. L’objectif est aussi le même : être entre 25 et 35% moins cher que la marque nationale de référence.

Une qualité certifiée
Et la qualité dans tout ça ? La certification AB garantit que le produit contient au moins 95% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique et qu’il a été soumis à des contrôles de la part d’organismes certificateurs indépendants. ”On ne peut pas tricher avec ça”, lance Pascal Courtecuisse. Le cahier des charges de l’agriculture biologique impose notamment l’interdiction d’utiliser des produits chimiques de synthèse (pesticides et engrais) et des OGM.
Que les hard discounts se mettent au bio est “plutôt positif”, estime Charles Pernin, chargé de mission alimentation à l’association de consommateurs CLCV. “Le Grenelle de l’environnement a fixé des objectifs pour augmenter la part du bio dans la production agricole française : pour que ces objectifs soient atteints, il faut que les produits bio soient plus accessibles”, poursuit-il.