L‘avis rendu récemment par l’Afssa (Agence de sécurité sanitaire des aliments), selon lequel le maïs OGM Monsanto 810 est sans risque pour la santé, paraît opportunément quelques jours avant que la France doive justifier devant la Commission européenne sa décision de suspendre les cultures commerciales de ce maïs insecticide. Cette clause de sauvegarde a été activée le
9 février 2008 en fonction des travaux du Haut Conseil provisoire des biotechnologies, créé au lendemain du Grenelle de l’environnement, qui ont fait apparaître que l’on n’avait pas tenu compte d’effets toxiques sur la faune et la flore, de distances de dissémination très sous- évaluées, de l’insuffisance des protocoles d’évaluation des risques.
On ne peut affirmer que les OGM expertisés en l’état sont sans danger : en fait, il est impossible de conclure à leur innocuité car les seules études toxicologiques – confidentielles – sont fournies par le fabricant de l’OGM expertisé ! Ce sont des travaux pluridisciplinaires, contradictoires et indépendants comme ceux du Haut Conseil provisoire qui font apparaître des “anomalies”.
Cette expertise controversée de l’Afssa survient après un avis du même ordre, non argumenté, de l’AESA (Agence européenne de sécurité alimentaire) qui incite José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, à demander la levée des interdictions française, autrichienne, grecque et hongroise sur les cultures d’OGM. Trop, c’est trop ! Je suis scandalisé de constater à quel point on ose affirmer l’absence de risques alors que l’on ne se donne pas les moyens de les mettre en évidence. Pour ce faire, il faut des moyens logistiques et budgétaires pour mener des contre-expertises, à la fois dans les domaines sanitaire, environnemental et socioéconomique. Cette instance d’expertise indépendante est inscrite dans le projet de loi Grenelle 1.
Trop, c’est trop ! Je suis scandalisé de constater qu’une fois de plus des intérêts privés tendent à l’emporter sur le bien commun – la santé, l’intégrité de l’environnement et des territoires – et une recherche publique indépendante. Or, la voie a été tracée le 20 octobre 2008 par le Conseil européen des ministres de l’Environnement qui, à l’unanimité, s’est prononcé en faveur du “renforcement et de l’harmonisation des méthodes d’évaluation des risques des OGM en Europe”. Il ne faudrait pas ajouter un déni de démocratie au fait de bafouer les principes de précaution et de responsabilité.
* France nature et environnement
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