• Comment abordez-vous la reprise de l’audience demain matin ?

Nous sommes extrêmement remontés, car nous avons découvert- par l’intermédiaire des déclarations de Didier Vinolas- que l’on cachait des éléments essentiels à la défense. On apprend également que cela faisait des années- depuis 2001- que les services du parquet possédaient ces informations, et que certaines personnes les ont délibérément écartées, parce qu’elles pensaient que cela pouvait conduire à la thèse que nous soutenons depuis le départ : l’innocence d’Yvan Colonna. Ces faits sont d’une gravité extrême, et cela traduit ce que nous pensons depuis le début de cette affaire : on a scellé le sort d’Yvan Colonna en mai 1999, lorsqu’on l’a présenté à l’ensemble de l’opinion publique comme un homme nécessairement coupable, en refusant une autre thèse que celle-ci.

• Dans ces conditions, le procès peut-il se poursuivre ?

A la vue des déclarations de Didier Vinolas, je vous pose une question. Des Vinolas, il y en a combien ? Combien de personnes n’ont pas parlé, n’ont pas soulagé leur conscience comme ce monsieur ? Combien d’éléments, qui tendraient à disculper notre client, nous ont été cachés ? Dans ces conditions, comment peut-on poursuivre les débats, alors que toute l’instruction, toutes les investigations sont désormais disqualifiées? Comment peut-on avoir confiance dans ces conditions-là ?

• L’accusation estime que ces déclarations sont une "tempête dans un verre d’eau". Qu’en pensez-vous ?

Je ne vois pas comment l’on peut tenir des propos pareils, sauf si l’on veut se décrédibiliser totalement. A moins que, derrière ces déclarations, on ait l’idée de dire : ce qui nous intéresse ce n’est pas la vérité, condamnons Yvan Colonna à la prison à vie, qu’on lui coupe la tête, et qu’on le juge éventuellement après. C’est peut-être ce que ces gens-là veulent : un Yvan Colonna coupable, même s’il est innocent.