Deux cents ans après sa naissance, Charles Darwin n’a pas fini de faire parler de lui et de sa fameuse théorie de l’évolution, qui agite tant de scientifiques depuis lors. La Cité des sciences propose, avec De Toumaï à Sapiens, la ruée vers l’homme, un panorama des connaissances et des débats actuels sur les origines de ce que nous sommes, nous, homo sapiens.
Et nous apprend que les scientifiques vont de surprise en surprise. Longtemps considéré comme notre plus ancien ancêtre, Lucy, hominidé vieux de 3,2 millions d’années, a été largement détrônée il y a huit ans. Toumaï, découvert au Tchad, aurait l’âge canonique de 7 millions d’années. Ces doyens préhumains occupent la place d’honneur dans l’exposition, grâce à des moulages, reproductions parfaites des originaux.
Un processus complexe
Frise de l’évolution, vidéos de fouilles et interviews de scientifiques permettent de saisir les grandes étapes de l’évolution, que les connaissances rendent de plus en plus complexes. Les carrefours sont essentiels, témoigne ainsi le paléoanthropologue Yves Coppens. Le premier fut la séparation entre les préhumains et le singe, il y a dix millions d’années. Le second, celle du préhumain et de l’homme en Afrique tropicale il y a 2,5 à 3 millions d’années. Il s’est mis à consommer de la viande, ce qui lui a permis de développer son cerveau.
Rien n’est simple. Les généticiens, qui commencent à se mêler de la question, évoquent des mélanges possibles entre préhumains et chimpanzés et le débat est loin d’être tranché. Pas plus que celui de l’homme de Néandertal, mystérieusement disparu il y a moins de 30 000 ans : était-il génétiquement compatible avec nous ? Et qui était l’homme de Florès, ce petit hominidé découvert en 2004, vieux d’à peine 18 000 ans, qui a vécu sur cette île indonésienne ? En paléoanthropologie, les certitudes ne durent pas longtemps.










































