La maïs transgénique MON 810, serait-il sans danger pour la santé ? C’est la conclusion d’un rapport de l’Agence française de sécurité alimentaire (Afssa), révélé hier par Le Figaro.

La culture de cette plante génétiquement modifiée est interdite en France depuis l’activation par le gouvernement d’une clause de sauvegarde en janvier 2008. Cette clause permet d'interdire provisoirement la culture d'un organisme génétiquement modifié dans un pays européen, en invoquant un risque pour la santé et l'environnement. La France avait appuyé son dossier sur le rapport du professeur Yvon Le Maho, membre de l’Académie des sciences. Or, c’est sur ce travail que l’Afssa s’est prononcée hier en affirmant que le « rapport du Pr le Maho n’apporte aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l’événement MON810 ».

« L’avis de l’AFSSA, qui ne concerne que des sujets sanitaires, ne remet pas en cause la clause de sauvegarde, décidée par le Président de la République, sur des fondements environnementaux », a précisé hier le ministère de l’Ecologie. La clause française devrait être à l’ordre du jour d’un prochain Conseil des ministres de l’Agriculture, au printemps. Pourtant, ce nouveau rebondissement sème le trouble dans l’opinion tellement les avis sont contradictoires. Du moins, dans l’apparence. Car le nœud de la question est en effet de savoir sur quelle expertise se basent les avis.  

Comme l’Afssa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait réaffirmé en octobre dernier que le MON 810 «  est sain pour la santé humaine, animale et sans danger pour l’environnement ». « Le problème est que les agences qui servent de référence, comme l’Afssa et l’Efsa ne font pas de recherche, mais rendent un avis sur les études réalisées par les fabricants d’OGM eux-mêmes », explique Lylian Le Goff, responsable de la mission biotechnologies de France Nature Environnement. Monsanto a d’ailleurs affirmé n'être « pas surpris » par l'avis de l'Afssa, a rapporté hier l’AFP.

« Appliquons dés maintenant les engagements du Grenelle en créant une agence d’expertise indépendante qui évalue tous les risques : sanitaires, environnementaux, économiques, agronomiques », lance Arnaud Gossement, porte-parole de FNE. En attendant, il semble qu’aujourd’hui on ne puisse conclure ni à l’innocuité, ni à la nocivité de ce maïs de la discorde.