L'AFSSA a toujours défendu les OGM et ceux qui mènent aujourd'hui l'AFSSA sont pro-OGM" José Bové, jeudi matin sur France Info
Monsanto peut se réjouir. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient de donner au semencier américain un sérieux coup de pouce en considérant comme inoffensif son maïs transgénique Mon 810.
Une note tenue secrète
C'est le site du Figaro qui révèle l'avis selon lequel "l'Afssa considère que les éléments du rapport Le Maho (...) n'apportent aucun élément nouveau qui remettraient en cause la sécurité des maïs portant l'évènement (le transgène) MON 810". Le quotidien précise que le document a été signé par "Pascale Briand, directrice de l'agence, le 23 janvier dernier, soit avec trois mois de retard." Depuis, la note a été tenue secrète.
Le rapport du professeur Yvon Le Maho avait notamment servi d'argument au gouvernement français pour justifier sa décision, l'an dernier, de suspendre toutes les cultures de Mon 810.
Une épine dans le pied de Borloo
C'est une sacrée déconvenue pour le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo qui a rendez-vous le 16 février prochain avec la Commission européenne pour défendre cette clause de sauvegarde activée par la France l'an dernier.
Longtemps seule plante OGM cultivée en France, le maïs Mon 810 est depuis février 2008 sous le coup d'une suspension. Toutes les cultures ont été gelées, au nom du "principe de précaution". Monsanto a tenté de peser de tout son poids pour faire lever la mesure. En vain. La firme américaine avait jugé "difficile à comprendre" le maintien de la clause et obtenu le soutien des autorités sanitaires européennes qui, début novembre, avaient estimé infondé le bannisement du Mon 810 des cultures françaises.
La réaction de José Bové
Réagissant jeudi matin sur France Info à ces révélations du Figaro, José Bové a mis en cause l'impartialité de l'Afssa à l'égard de la question des OGM : "il n'y a pas un rapport depuis dix ans de l'AFSSA qui soit opposé à la dissémination des OGM", a déclaré l'un de splus célèbres porte-parole des anti-OGM. "L'Afssa a toujours défendu les OGM et ceux qui mènent aujourd'hui l'Afssa sont pro-OGM", a-t-il ajouté.
José Bové a également précisé qu'"il y a eu 25 arguments scientifiques différents pour mettre en place la clause de sauvegarde" et non pas un seul rapport, comme dans cette affaire. Il a néanmoins souligné vouloir rester prudent, n'ayant pas lu le rapport.
Quant à l'association France Nature Environnement (FNE), qui a activement participé aux discussions ayant mené à l'interdiction du Mon 810, elle a dénoncé "l'avis, plus politique que scientifique, rendu par l'Afssa.
FNE estime que "les décisions relatives aux OGM doivent respecter le principe de précaution et être prises démocratiquement".




















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