Le Figaro a publié ce matin des extraits d’un rapport de l’Agence française de sécurité des aliments (Afssa) qui conclut à l’innocuité pour la santé du maïs MON 810. La culture de cette plante génétiquement modifiée est interdite en France depuis l’activation de la clause de sauvegarde demandée par le gouvernement français à l’Union européenne en janvier 2008 et appuyée par un rapport élaboré par le professeur Yvon Le Maho membre de l’Académie des sciences. Dans ses conclusions, le rapport de l’Afssa affirme que le « rapport du Pr le Maho n’apporte aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l’événement MON810 ». Réactions de Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis.


Comment réagissez-vous à la publication du rapport de l’Afssa ?
Le rapport de l’Afssa ne m’étonne pas. Les chercheurs sont quasi-unanimes à dire que les OGM n’ont pas d’incidence sur la santé des hommes et sur celle des animaux. Il aura fallu une enquête journalistique pour que l’opinion publique connaisse enfin la vérité sur cet OGM. Il y a là un manque de transparence de la part du gouvernement.

Vous ne partagez pas la position du gouvernement sur la clause de sauvegarde ?
Je ne suis pas un expert, mais ce maïs est cultivé depuis plus de 11 ans en Espagne et aux Etats-Unis sans effet sur la santé. En 2008, 1,3 million d’agriculteurs supplémentaires ont cultivé des OGM et que les cultures OGM représentent aujourd’hui 8% du total des surfaces cultivées dans le monde. En persistant dans son refus de vouloir expérimenter des OGM, alors que notre pays dispose des meilleurs chercheurs du monde, la France se retrouve exclue de la compétition mondiale sur les biotechnologies et laisse le monopole des OGM à Monsanto, donc aux Etats-Unis. Pourtant, nous mangeons tous les jours des OGM : par la lécithine de soja de nos barrettes de chocolat, dans les gâteaux apéritifs, dans la viande de nos élevages nourris aux OGM.

Comment se repérer alors dans cet affrontement d’avis contradictoires ?
Il faut ouvrir une grande table ronde où les experts puissent faire état des faits scientifiques établis, afin que chaque Français puisse se faire une idée sans avoir à subir les pressions des lobbies pro ou anti OGM.