Pour sa première BD, le metteur en scène flamand Randall Casaer, 41 ans, qui travaille habituellement sur les one-man-shows de comiques belges, signe un joli coup. "Les Somnambules" est une histoire à tiroirs faite de rêveurs qui rêvent qu'ils rêvent qu'ils rêvent etc. Un entonnoir onirique dans lequel l'auteur, grand admirateur des dessinateurs français Blain et Sfar, laisse libre cours à sa fantaisie : "J'ai lu dans un traité zen tibétain que si on rêvait qu'on rêvait etc., sept fois de suite, on pouvait atteindre le nirvana. C'était un bon point de départ pour une histoire, explique-t-il. Ensuite, comme dans un puzzle, j'y ai ajouté plein de petites lubies personnelles, comme de transformer les nuages en personnages ou de jouer à ne parler qu'en verbes, sans adjectifs." Drôle de loustic, qui adore noter ses rêves dans un carnet ("Je vole beaucoup quand je dors. Quel pied !" lance-t-il en se gondolant) et qui, selon des méthodes bien à lui, s'entraîne à être conscient de son état lorsqu'il est en train de somnambuler. Et d'assurer : "Etre lucide au moment où on rêve permet d'oser plein de choses qu'on ne pourrait pas faire les yeux ouverts." Vous avez dit bizarre ? Nul besoin en tout cas d'atteindre ce niveau de maîtrise en science des rêves pour savourer "Les Somnambules", épopée barrée qu'on jurerait sortie d'un tableau surréaliste de Magritte.
"Les Somnambules", de Randall Casaer
Casterman, 104 pages, 24 euros











































