N’en déplaise à la Com­pagnie créole, l’Etat ne jouera pas les pères Noël aux Antilles. Après trois semaines de grève en Guadeloupe, et près d’une semaine en Mar­tinique, François Fillon est intervenu personnellement hier pour déclarer que “l’Etat ne saurait à l’évidence se substituer aux partenaires sociaux dans les responsabilités qui leur reviennent”.

Le Premier ministre refuse ainsi de financer, par des exonérations de charges, la hausse de 200 euros pour les bas salaires demandée par le collectif LKP dans un préaccord obtenu dimanche. Ce geste aurait en effet risqué d’ouvrir la voie à une demande équivalente en métropole.

François Fillon a toutefois annoncé que le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, critiqué pour son départ précipité dimanche, repartirait aux Antilles aujourd’hui, accompagné de deux médiateurs pour relancer les discussions entre le LKP et le patronat sur la question des salaires. 

Une série de mesures a tout fois : le RSA sera mis en œuvre de façon anticipée dès cette année, le prix des carburants sera baissé et certaines aides (restauration scolaire, allocation logement) seront revalorisées. 

Des risques de “chaos”
Victorin Lurel, président PS du conseil régional de Guadeloupe, a exprimé hier sa “très grande déception”, et craint que la décision du gouvernement ne plonge l’île dans le “chaos”. 

La CGT a aussi exprimé sa “solidarité” avec les travailleurs en lutte. Le syndicat affirme que “le gouvernement ne peut s’exonérer de la responsabilité que porte l’Etat français dans la situation économique et sociale de ces territoires”.