220 000 euros ! La crise ne semble pas décourager les collectionneurs. Hier, ils se sont arraché les 152 premiers lots de la vente du France-Norway, dont le “nez”, la pointe avant du bateau, emporté, hors frais, pour le prix d’un petit deux-pièces. 350 euros pour un cendrier, 3 000 pour un maillon de la chaîne d’ancre, 43 500 pour une table richement décorée,… Il n’y en avait pas vraiment pour toutes les bourses. Mais assez pour la curiosité des badauds qui étaient venus rendre à leur manière un dernier hommage au France, dont les souvenirs sont regroupés jusqu’à ce soir à deux pas des Champs-Elysées.
Un rêve devenu réalité
Parmi les visiteurs, Louis, sept ans et demi, qui presse son père de lui acheter un ouvre-bouteille aux couleurs du paquebot. “Je le veux parce que c’est joli et que mes grands-parents ont voyagé sur le bateau”, explique le jeune garçon. Comme lui, nombreux sont les amateurs de légendes dans la salle pleine à craquer.
Ainsi Claire Burel, 55 ans, est aux anges. Elle se rend rarement aux ventes aux enchères mais ne voulait pour rien au monde rater celle du “mythique” France. “C’est un vrai rêve, et ces objets représentent le voyage que je n’ai jamais fait !” s’exclame celle qui repart avec une paire de lampes et deux panneaux de décoration. L’ancienne chef d’entreprise “s’est fait plaisir”, mais elle a su rester raisonnable devant une commode, partie à 5 000 euros.
Le nez part à Deauville
Didier Spade a, lui, manqué de faire frémir son banquier. Il voulait acheter le nez du bateau, en hommage à son grand-père et à son père, décorateurs sur le France. Il s’était fixé un maximum de
100 000 euros, mais encouragé par la foule, il a allégrement dépassé la limite, n’abandonnant la course qu’à près de 220 000 euros. Sous les applaudissements. “Je regrette peut-être un tout petit peu, admet-il en partant saluer le gagnant de l’enchère. Mais c’était vraiment très cher.”
Jean-Pierre Véron, l’acheteur de ces quelque quatre tonnes d’acier, projette d’installer le bout d’étrave dans un square, au cœur d’un projet immobilier, à Deauville. Face à la mer et face au Havre : pied de nez au quai de “l’oubli”, où le France avait été abandonné dans les années 70.
































