La Cour d’appel de Paris a confirmé la fin de la distribution exclusive de l’iPhone par Orange. Cette décision vous surprend-elle ?
Ce n’est pas une surprise, même si tout peut arriver dans ce genre de décisions. Il faut toutefois noter qu’Orange ira en cassation et que l’affaire n’est donc pas finie. Mais ce pourvoi n’est pas suspensif, ce qui signifie que des iPhone seront mis à disposition très prochainement dans les boutiques des autres opérateurs.
On parle d’un délai de cinq à six semaines…
Oui. Cela peut être un peu plus long car c’est Apple qui organise la distribution de ses produits. Il faut qu’ils listent les boutiques distributrices. Mais cela va se faire progressivement.
Quelles conséquences cette décision peut-elle engendrer ?
Il peut y avoir deux types de conséquences : commerciales et consuméristes. Tout d’abord, les opérateurs comme Bouygues, SFR et sans doute Virgin, NRJ et autres, vont proposer l’iPhone en coffrets opérateurs. Ils vont pouvoir mettre un niveau de subvention important. Cela va entraîner une concurrence avisée entre eux, comparable à ce que l’on observe déjà en Allemagne, où l’on trouve l’iPhone à un euro, ou au Royaume-Uni, où il est gratuit en échange de certaines formules d’abonnement. Ensuite, cela devrait assainir le marché. On devrait en finir avec certaines pratiques frauduleuses. Depuis des mois, beaucoup de distributeurs proposaient déjà l’iPhone piraté avec des forfaits Bouygues. Il s’agissait de mobiles désimlockés et, lors de la première mise à jour effectuée sur le site d’Apple, le téléphone était bloqué. Cette pratique a touché des milliers de consommateurs français : évidemment, le produit n’était pas sous garantie et l’on a actuellement de nombreux contentieux.
On parle aussi de conséquences sur les offres. Les forfaits Internet mobile peuvent-ils aussi baisser ?
Aujourd’hui, on a déjà des offres de surf illimité, 24 heures sur 24, avec Illimythics par exemple. Mais plus il y aura d’utilisateurs d’iPhone, plus les offres vont se démocratiser car l’iPhone a été un vrai précurseur dans ce domaine. Sans oublier l’arrivée du téléphone de Google, dans quelques mois, qui devrait aussi contribuer à ce mouvement.
Les accords d’exclusivité sont fréquents dans la distribution des téléphones mobiles. La décision de la cour d’appel peut-elle faire jurisprudence et empêcher d’autres accords de ce style ?
C’est tout à fait possible. Dans son avis, la Cour d’appel indiquait qu’elle comprenait, pour des raisons commerciales, ces accords d’exclusivité, mais que ceux-ci devaient être limités à deux ou trois mois. Le marché des Smartphones pourrait donc être très encadré dans le temps. En outre, des cabinets d’avocats étudient déjà l’avis pour savoir si on peut le transposer sur d’autres marchés. Toutes les distributions sélectives sont a priori concernées.
La nouvelle a dû vous réjouir, en tant que patron de Meilleurmobile ?
Nous avons toujours voulu proposer des produits propres sur notre site. Nous mettons donc en vente l’iPhone. Ce qui est réjouissant pour nous, c’est que nous allons pouvoir continuer à aider les consommateurs à y voir plus clair dans les offres et leur permettre d’économiser en moyenne 30% sur leur facture.


































