Nabil Hadjarab a 29 ans. Depuis 7 ans, il est enfermé dans une cellule de Guantanamo sans fenêtre, la lumière allumée nuit et jour. Pourtant, après de très nombreux interrogatoire par la CIA, Nabil a été considéré comme « non dangereux », et à ce titre libérable, par l’administration américaine. Problème, aucun pays ne veut s’aventurer à recevoir un ancien détenu de Guantanamo soupçonné d’avoir été terroriste sur son sol.

Nabil est Algérien. Selon son avocate américaine Cori Crider, qui travaille pour l’association Reprieve d’aide aux détenus, il a également passé six ans en France dans une famille d’accueil, entre 2 et 8 ans. C’est en France que vivent ses demi-frères et demi-sœurs, et ces derniers, qui n’ont jamais vécu avec lui, sont prêts à le recevoir et à l’aider à se reconstruire.

Associé à Amnesty International, Reprieve gère 31 dossiers comme celui de Nabil. « La nouvelle administration Obama a promis la fermeture de Guantanamo, mais il faudra bien trouver des pays pour recevoir ces personnes. L’Europe a un rôle à jouer », explique Cori Crider.

Pour elle, si procès il devait y avoir dans le pays d’accueil, il serait toujours plus équitable pour ces prisonniers, privés de tout droit de se défendre face aux commissions militaires exceptionnelles de Guantanamo.