Les 500 000 usagers de la gare Saint-Lazare pensaient avoir tout vu. Après un long mois de grève des conducteurs, qui affectait plusieurs lignes du réseau, la SNCF avait promis un retour à la normale hier. Mais après 10 heures, les passagers ont trouvé… les portes closes.
La direction de la SNCF a fait évacuer la gare “pour des raisons de sécurité”, à la suite de l’agression du conducteur d’un RER A la veille à Maisons-Laffitte. En colère, ses collègues ont déclenché un mouvement massif et sans préavis.
Plus aucun train ne partait ce mardi matin, et le RER A lui-même ne fonctionnait plus au-delà de l’interconnexion de Nanterre-Préfecture vers Cergy-Poissy. Débordée, la SNCF a commencé à accrocher quelques affichettes d’information vers midi, côté rue d’Amsterdam, sur les grilles baissées.
En revanche, sur le parvis de la gare, côté rue de Rome, nulle indication, et nul agent d’accueil à l’horizon. “Je devais être à Evreux à 14 heures pour une vacation dans un établissement psychiatrique, s’inquiète Anne. Personne ne pourra me remplacer auprès des malades, et personne ne va me rembourser. C’est très pénalisant.” Dans le métro, les messages vocaux ne proposent aucune alternative. Entre usagers, les informations circulent par ouï-dire. Un jeune homme, serein, propose de former “un petit groupe de vingt personnes pour aller voir la direction”. “Mais où est-elle, la direction ?” lui répond une dame, fataliste.
Grilles forcées par les usagers
Parfois, la tension prend le pas, et quelques éclats de voix fusent… sauf qu’il n’y a personne en face. Les traits tirés, Cyril vient d’achever une nuit blanche au bureau, dans le Xe. “Je rentrais chez moi, à Aubergenville, pour me reposer. Personne ne me paiera le taxi. Je ne sais pas comment faire. Si ça se poursuit, je vais devoir aller à l’hôtel.” En fin d’après-midi, une centaine d’usagers excédés ont manifesté devant la gare, et certains ont forcé une grille d’accès et pénétré brièvement dans l’enceinte, avant d’être évacués.
La SNCF a justifié la fermeture de la gare comme une mesure “exceptionnelle”. “La gare voit passer de 30 000 à 40 000 clients par heure en moyenne, explique Guillaume Ancel, directeur des lignes du réseau Saint-Lazare. Le risque, lorsque aucun train ne circule, c’est que les gens se marchent dessus.” La direction se voulait aussi prudente à l’égard des syndicats, jugeant le mouvement indépendant de tout appel à la grève. “Il n’y a aucun lien avec les questions sociales, assurait Stéphane Volant, secrétaire général de la SNCF chargé de la sûreté. Pour la sécurité des conducteurs, 200 agents sont affectés à la surveillance du réseau Saint-Lazare.” A l’issue d’une réunion de crise, les syndicats, qui ont voté la reprise immédiate du travail ce mardi soir.
» En savoir plus sur le trafic mercredi : transilien.com et le numéro vert 0805 700 805.










































