Après quarante-huit heures de garde à vue, au cours desquelles il a nié les faits, Patrice S. a été mis en examen mercredi soir pour “violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. L’homme, âgé de 29 ans, est accusé d’avoir frappé son bébé de deux mois à plusieurs reprises depuis sa naissance, le 30 octobre 2008. La mère, âgée de 19 ans, a quant à elle été mise en examen pour non-assistance à personne en danger. Libre, elle a été placée sous contrôle judiciaire.

Ils avaient alerté les secours
Le 27 décembre dernier, Chirlyn avait été retrouvée au matin sans vie par ses parents, Patrice S. et Sabrina W., domiciliés à Créteil (Val-de-Marne) et tous les deux au chômage. Ces derniers ont déclaré avoir aussitôt appelé les secours qui n’ont pu que constater le décès du nourrisson. L’hypothèse d’un bébé secoué n’avait jamais été envisagée par les enquêteurs et la première autopsie n’avait pas permis de déterminer les cause du décès de la petite fille, qui était malade.

De multiples fractures
Ce sont les examens complémentaires, dont les résultats ont été connus hier, qui ont permis d’établir qu’elle avait été frappée. “Les maltraitances habituelles ont conduit à la mort du bébé, indiquait une source judiciaire. Les violences sont établies.


L’autopsie mentionne “des fractures d’âges différents, avec notamment des fractures costales”, ainsi que des hématomes au niveau du visage. Convoqués lundi pour être entendus par les enquêteurs, les parents du nourrisson avaient été placés en garde à vue à 14 heures en raison de contradictions dans leurs dé­clarations. Pendant sa garde à vue, Patrice a nié les faits. “Sabrina banalise les violences. Pour elle, son concubin était un bon père et un bon conjoint… Selon les témoignages des voisins, elle était elle-même victime de violences mais n’a rien dit aux enquêteurs”.

Patrice était connu des services de police pour des violences sur sa concubine et sa mère, en­tre autres. Le parquet de Créteil a ouvert hier une information judiciaire. Le père devait être placé en détention hier soir à Fresnes.