Parmi les milliers de vœux que la famille Obama a reçus pour l’année 2009, ceux de la famille du professeur James Hansen sont certainement partagés par de nombreux autres habitants de la planète Terre. Ce scientifique qui dirige le Goddard Institute for Space Studies de la NASA, l’agence spatiale américaine, et sa femme Anniek Hansen s’adressent au futur président des Etats-Unis et à sa femme Michelle en tant que « collègues parents » inquiets pour cette Terre dont leurs enfants et leurs petits-enfants hériteront.

Trois recommandations
Pendant sa campagne, « Barack a parlé d’une planète en danger (‘planet in peril’) », rappellent les Hansen en insistant sur le fait que « la nature des actions choisies et d’importance cruciale ». « Il y a un profond décalage entre les actions que les politiques envisagent et ce que demande la science pour préserver la planète », regrettent-ils. C’est pourquoi les auteurs de cette longue lettre ont décidé de détailler en trois recommandations celles qu’ils considèrent être les bonnes actions à mener.

Un moratoire sur les centrales à charbon
D’abord, un moratoire sur la construction de nouvelles centrales électriques à charbon, qu’il nomme « usines de mort », et l’abandon progressif des centrales qui ne sont pas équipés d’un dispositif de capture et de stockage du carbone.

Une taxe carbone
Deuxièmement, ils proposent l’instauration d’une « taxe sur le carbone, redistribuée à 100% ». « Un prix croissant des émissions de carbone est le soutien indispensable pour que les autres politiques climat fonctionnent », affirment-ils. Les recettes de la taxe seraient redistribuées dans leur intégralité, directement de façon égale à tous les citoyens afin que ceux qui ont réduit leurs émissions gagneront de l’argent, alors que ceux qui émettent plus payeront davantage qu’ils ne recevront.

Critique du marché des émissions de carbone
Hansen se prononce en revanche contre le marché des émissions de carbone. Alors que le 1er janvier 10 Etats américains ont lancé leurs mécanismes de «  cap and trade » (limiter et commercialiser), le scientifique critique cette approche qui consiste à fixer des objectifs de limitation des émissions de CO2 à atteindre grâce aux marché des « droits à polluer ».

En gros, les industries virtuoses, qui polluent moins de leur quota fixé par l’Etat, peuvent revendre leurs « droits à polluer » à celles qui dépassent leurs quotas, sur un marché du carbone. Pour Hansen, «cette approche est inefficace et ne correspond pas à l’ampleur de la menace climatique. Elle pourrait faire perdre une autre décennie, durant laquelle se mettront en place des conséquences désastreuses pour notre planète et l’humanité ».

Pour le nucléaire de quatrième génération
Enfin, les Hansen appellent à un effort international de recherche sur les centrales nucléaires de quatrième génération, qui réutilisent les déchets nucléaires comme combustible. « À notre avis, les centrales de quatrième génération méritent votre soutien, car elles ont le potentiel d’aider à résoudre les problèmes de l’énergie nucléaire : les déchets nucléaires, la nécessité d’extraire le combustible nucléaire, et le rejet de matières radioactives», expliquent-ils.

A partir du 20 janvier, les yeux seront rivés seront rivés sur le 44e président des Etats-Unis. Pour les Hansen, ce n’est pas une question d’électeurs américains :  « Les défis d’aujourd’hui, parmi lesquels le changement climatique, sont grands et urgents. Le leadership d’Obama est essentielle pour expliquer au monde ce qu’il faut faire. »