Le Sahara a fasciné les concurrents durant près de 30 ans. Mais, pour la première fois, la compétition aura lieu en dehors du continent africain. La raison principale : une série de menaces terroristes contre les participants. La 30e édition du Dakar se lance donc à la conquête des territoires chilien et argentin. Sur la ligne de départ cette année : 584 concurrents, répartis sur 530 équipages.

"L’essence même du Dakar, c’est la volonté de découvrir de nouvelles choses, sa capacité à se confronter à l’inconnu. En traversant l’océan, le rallye reste fidèle à ses valeurs, à son tempérament", indiquait le directeur du Dakar Etienne Lavigne, lors de la cérémonie de présentation du rallye il y a quelques jours. Parmi ces valeurs, selon lui : le courage, la solidarité, le désir de participer et d’arriver à ses fins. "Cette année, il faut y ajouter la fascination, la découverte de ces magnifiques nouveaux pays."

14 étapes, près de 6.000 kilomètres
Plus de 2.000 personnes sont engagées dans l’organisation de ce Dakar, parmi lesquels 50 médecins qui veilleront sur la santé des pilotes. Autres chiffres marquants : 12.000 bouteilles d’eau seront consommées et le site officiel de la compétition devrait recevoir environ 38 millions de visites. C’est donc une véritable ville itinérante qui va sillonner les pistes du Chili et d’Argentine durant quinze jours.

Le départ de la course sera donné le 3 janvier à Buenos Aires. Au cours des quatorze étapes, ce sont plus de 5.650 kilomètres que les pilotes effectueront en Argentine et au Chili pour revenir quinze jours plus tard dans la capitale argentine. Les pilotes mettront d’abord le cap vers le Sud, direction la Patagonie. Ils franchiront alors la cordillère des Andes, avant de bénéficier d’un jour de repos à Valparaiso, au bord de l’océan Pacifique. Le retour les conduira vers le désert d’Atacama puis les provinces argentines de Catamarca, La Rioja et Cordoba.

Une course plus ouverte ?
Les 530 équipes se répartissent de la façon suivante : 230 motos, 188 autos, 82 camions et 30 quads. Les participants proviennent de 49 pays différents, alors que le dispositif de sécurité s’annonce exceptionnel.

Les Mitsubishi défendront leur titre face à des adversaires mieux armés que jamais pour leur disputer la suprématie (Volkswagen, BMW, Gordon). En T2, il faudra compter également sur les Toyota et les Nissan. Côyté deux roues, les KTM chercheront à maintenir leur hégémonie sur la discipline. Enfin, chez les camions, discipline peu médiatisée, les têtes d’affiche s’appellent Kamaz, Tatra, Hino, Mercedes, Ginaf et Man, tenant du titre. Individuellement, les favoris ont pour nom Marc Coma (Espagne) et Cyril Despres en moto, Carlos Sainz, Giniel de Villiers, Mark Miller, Luc Alphand, Nani Roma et Stéphae Peterhansel en auto.

Signe des temps : le Dakar 2009 se veut "vert". Selon les estimations, la caravane émettait auparavant 880.000 tonnes de dioxyde de carbone, entre le carburant des avions, celui des véhicules et des hélicoptères. Le but est de faire baisser ce chiffre cette année. Par ailleurs, l’organisation s’est assurée de ne traverser aucun parc ni réserve naturelle. Le gouvernement chilien suivra de près les événements : l’organisation nationale pour l’environnement se rendra sur les sites traversés pour vérifier qu’ils n’ont pas été endommagés par le passage du rallye. L’organisation s’est également engagée à collecter les déchets produits par la caravane de 2.000 personnes. Enfin, des entreprises spécialisées sont intervenues dans la distribution de l’huile, de batteries, pour limiter l’impact sur l’environnement.

Sécurité renforcée
Concernant la sécurité, un dispositif important a été mis en place. Il faut dire que le changement est de taille pour le rallye. Le terrain n’est pas le même, la densité de population des régions traversées non plus. Des campagnes de sensibilisation et d’information ont donc été diffusées ces dernières semaines en Argentine et au Chili (clips à la télévision, à la radio, flyers envoyés chez les habitants de ces régions ou aux journaux locaux…)

Des contrôles de vitesse seront également effectués dans les zones où les risques sont les plus importants, pour les pilotes ou pour les spectateurs. Le GPS qui équipe tous les véhicules enregistrera aussi les informations de course : les pilotes pourront ensuite être sanctionnés s’ils n’ont pas respecté les règles (de la sanction financière à l’exclusion définitive). Des patrouilles circuleront sur le parcours pour signaler aux pilotes des dangers qui n’étaient pas prévus dans le road-book. Enfin, étant donnée la densité de population sur certaines régions traversées, les organisateurs ont mis en place des zones d’accueil du public. Certaines parties du parcours seront aménagées, tandis que d’autres seront interdites au public.