Mercredi soir, nuit glaciale et troupe volontaire à la rencontre des SDF. Autour du maire, ses adjoints aux affaires sociales, à la propreté et à la sécurité se pressaient, suivis par des policiers municipaux, des fonctionnaires et quelques journalistes. Tous conviés pour une “opération coup-de-poing”.
D’abord, le social. A Michel, jeune RMiste sans abri, “niveau paysagiste”, le maire propose un job au service des espaces verts. Aux familles de Roumains qui dorment depuis plusieurs mois sous les arcades de la place Masséna, l’hôtel meublé. Aux jeunes discrètement installés dans un recoin de la promenade du Paillon, il intime l’ordre de prendre le large s’ils refusent de rejoindre la Halte de nuit. Plus globalement, Christian Estrosi a annoncé un investissement de 4 millions pour la création d’un accueil de jour au XVe corps (livré fin 2010), trente lits supplémentaires à l’accueil de nuit et un nouveau dispositif d’hébergement d’urgence exceptionnel de quarante places dans un gymnase cet hiver, pouvant être porté à deux-cent en cas de grand froid.
Phase 2 : la répression.
Pour la tranquillité du voisinage et l’image de la ville, le maire fait place nette. Ceux qui refusent les propositions d’hébergement et l’aide des travailleurs sociaux ont droit à la visite de la police municipale, immédiatement suivie de l’intervention de la Force rapide action propreté (Frap).
Une démarche qui n’est pas vraiment du goût des travailleurs sociaux. Sylvie Demangeat, responsable du Samu Social 06, était “surprise de la façon expéditive dont les choses ont été faites” : “Je suis venue pour une action sociale, c’était une opération de sécurité musclée.”



































